Les confréries Sainte-Renelde

Les recherches menées par Philippe Desmette ont permis d’identifier l’existence de confréries Sainte-Renelde dans 4 paroisses différentes de l’ancien diocèse de Cambrai. Il s’agit des paroisses Saint-Ursmer de Lobbes, Sainte-Elisabeth de Mons, Saint-Jean-Baptiste de Tournai, et bien sûr Sainte-Renelde de Saintes. [P. DESMETTE, Les confréries, pp. 300, 387, 458-460, 510-511] Sur le plan des confréries, les années 1740 et suivantes marquent une intensification du culte de sainte Renelde.

Paroisse Saint-Ursmer de Lobbes

Elle existe en 1740 et est encore citée en 1743. Elle est encore très mal connue. Peut-être était elle antérieure à 1740. On le sait, le culte de sainte Renelde était fort présent à Lobbes et cela fort anciennement. Cette confrérie obtint 2 brefs d’indulgences à trois ans d’intervalle. La même église comptait également les confréries Notre-Dame (chapelle Notre-Dame), Sainte-Barbe (Chapelle Sainte-Barbe), Saint-Ursmer, et des Trépassés. [P. DESMETTE, Confréries, p. 300]

Paroisse Sainte-Elisabeth de Mons

Elle existe en 1756 et est encore citée en 1787. On en connaît très peu de choses. Cette confrérie faisait célébrer une messe solennelle le jour de la Sainte-Renelde et un obit pour les confrères le lendemain. Philippe Desmette pense qu’elle pourrait avoir vu le jour vers le milieu du XVIIIe siècle. Elle pourrait pourtant avoir été plus ancienne, car une chapelle dédiée à la sainte existait dans l’église depuis le XVIIe siècle au moins. La paroisse comptait de nombreuses autres confréries : celle du Saint-Nom de Jésus, de Saint-Roch, du Saint-Sacrement, de l’escorte du Saint-Sacrement, de Sainte-Anne (chapelle de la Sainte-Famille), de Sainte-Elisabeth, de la Sainte-Famille (chapelle de la Sainte-Famille), et des Trépassés (chapelle commune avec Notre-Dame de Halle). [P. DESMETTE, Confréries, 387]

Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Tournai

Fondée en 1741, elle est encore citée en 1862. Outre celle de Saintes, c’est la confrérie Sainte-Renelde la mieux connue. Elle obtint ses lettres d’érection à Cambrai le 6/07/1741, et a reçu un bref d’indulgences le 18/11/1742.

Philippe Desmette évoque la rivalité qui existait entre la confrérie de Tournai et celle de Saintes. Un ouvrage de dévotion publié à Tournai en 1742 le fait effectivement penser : si Saintes « se glorifie d’avoir été son calvaire ou elle [Renelde] a versé son sang en perdant la tête pour Jésus-Christ, nous aplaudissons a son bonheur, nos ancetres & nos peres lui ont aplandi. Mais nous, peuple de Tournay (…) pourquoi ne nous glorifierions nous pas de l’avoir vu naître sur les bords de nos terres & de vénérer le laict de son enfance qu’elle a sucé près de nous (…) ». C’est, bien sûr, une allusion au lieu supposé alors de sa naissance, identifié par erreur avec Condé, situé comme Tournai sur l’Escaut.

La visite au sanctuaire originel de Saintes n’est pas évoqué dans l’ouvrage cité, alors que c’est habituel pour les confréries liées à un lieu de pèlerinage. La confrérie de Tournai va même bénir un puits, à l’imitation du puits miraculeux de Saintes afin … « de chercher des confrères ». Le curé François Meisselberier, le vicaire et le sieur Jean-Baptiste Maille, grand maître, en furent les initiateur.

C’est le 24/08/1741 que le curé fit part aux administrateurs de la paroisse de l’érection de la confrérie. Il obtint l’autorisation de placer la statue de la sainte dans la chapelle de la Sainte-Famille, dont la confrérie avait probablement disparu. Les maîtres reçurent ensuite l’autorisation d’y placer leur banc.

Les règles imposées aux confrères étaient de portée essentiellement morale : vivre avec honneur, en bon chrétien, pratiquer la charité, aimer le travail, fuir la tentation. Les pratiques de piété consistaient à prier le matin et le soir, entendre la messe le plus souvent possible et fréquenter les Sacrements lors des grandes fêtes ou une fois par mois. Les confrères imploraient quotidiennement la patronne afin d’obtenir sa protection.

Cette confrérie dut connaître un certain succès. En 1747, il fut résolu d’ériger une chapelle dans le cimetière. Cela fut accepté par les administrateurs de la paroisse, pour autant que les dégâts éventuels provoqués par cette construction soient à charge des confrères et qu’aucune funérailles ne soient célébrées dans le nouvel édifice.

En témoigne également l’obligation dans laquelle se trouva la paroisse de réclamer 2 patars à tous les prêtres étrangers, réguliers ou séculiers, qui célébraient des messes en l’honneur de sainte Renelde dans l’église paroissiale afin de couvrir les frais de pain, de vin et de luminaire, si du moins les commanditaires ne les fournissaient pas eux-même. Les dépenses qu’occasionnait le culte de la sainte devenait trop lourdes !

Les membres de la confrérie se recrutaient d’abord parmi les paroissiens de Saint-Jean-Baptiste. Pour 1742, Philippe Desmette a pu calculer qu’ils constituaient 32,2% des 294 associés. Pour le reste, les confrères venaient des paroisses environnantes, notamment de Saint-Brice (22,4%). Il a même été possible de déterminer l’âge d’un certain nombre de confrères (72 en tout). En gros, un tiers environ de ces personnes appartenaient à la tranche d’âge 10-19 ans, la majorité ayant d’ailleurs dépassé 14 ans. Un autre gros tiers avait entre 20 et 29 ans. Ainsi, 70% avaient entre 10 et 29 ans. Si on y ajoute un peu plus de 10% de trentenaires, on constatera le poids extrêmement faible des aînés parmi les confrères dont on a pu déterminer l’âge. Au vu de ces chiffre, on comprendra également que les célibataires étaient aussi les plus nombreux. Mais ces chiffres ne doivent cependant pas faire oublier que l’on ne dispose de l’âge que pour un quart environ des confrères. Sont-ils dès lors vraiment représentatifs ?

Du point de vue social, le même auteur a pu démontrer la diversité d’origine des confrères. Certains
appartiennent aux couches aisées de la population, tandis que d’autres émargent à la table des pauvres. La plupart des confrères étaient des travailleurs, souvent dans le textile, mais on trouvait aussi des travailleurs agricoles, des bateliers, des artisans, des travailleurs de la pierre.

[P. DESMETTE, Confréries, pp. 510-511]

Paroisse Sainte-Renelde de Saintes

La Confrérie Sainte-Renelde de Saintes

 

L’essentiel de cet article provient de l’ouvrage suivant :

Ph. DESMETTE, Les confréries religieuses dans le nord du diocèse de Cambrai (1555-1802). Répertoire, Mons, 2011. (Analectes d’histoire du Hainaut, 12).

 

© Luc DELPORTE – dernière version 10/08/2019

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