Les services de guerre

Les services de guerre revêtaient une importance capitale au Moyen Age.  Ils trouvaient leur raison d’être dans la nécessité de défendre le sol seigneurial, mais aussi sa famille et ses biens.

Parmi ces services, relevons l’ost du souverain, la chevauchée, de même que les services de garde.

L’ost était de loin la plus lourde des obligations militaires qui pesaient sur les manants.  Au IXe siècle, cette obligation avait déjà été rachetée par les vilains du domaine de Quenestine.  Les tenanciers des manses ingénuiles, seuls susceptibles de participer à l’ost, payaient alors une somme forfaitaire de 8 sous.  Les tenanciers des manses serviles, eux, effectuaient encore des services de garde.

L’ost et la chevauchée frappaient toujours les manants du seigneur de Saintes au XIIIe siècle. [AEM, OP, 858, Charte de Hugues de Saintes, 1258].

A la fin du XIVe siècle, les obligations militaires n’avaient pas encore totalement disparues.  En 1374, lors de la guerre féodale surgie entre Renaud de Brederode, seigneur de Gempe, et Jean de Schoonvorst, le bailli de Halle averti des pillages qui se commettaient dans les environs, dépêcha « bien en hastes » des lettres d’avis au bailli de Hainaut « pour cause de chevauchie qui li sires de Ghempe fist au pays de Brabant ».  Le bailli du Hainaut envoya alors un message au village de Saintes, le 21 mars 1374, « pour pryer as bonnes gens de la ville de Saintes que li plus aidanle et plus fort venissent pour aidier à warder la ville de Hal … » [G.P. SPEECKAERT, Saintes en Brabant … , p. 35]

A la fin du XVIIIe siècle, des patrouilles étaient organisées par la loi du village.  [AEM, OP, 879]  Il ne s’agissait plus là d’obligations comparables aux services d’ost ou de chauvauchée, qui avaient désormais disparu.  La guerre était désormais une affaire d’homme de métier et l’on faisait de moins en moins appel au peuple pour aller combattre dans l’armée du prince.

Les services de guerre ont alors fait place, dans les archives, aux contributions de guerre, si nombreuses aux Temps Modernes.  Les archives scabinales et paroissiales de Saintes conservent de très nombreux comptes de contributions de guerre imposées à la communauté villageoise par les belligérants.

 

© Luc DELPORTE – 06/11/2017

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