La Commission des Monuments et Sites et la restauration de l’église

Restauration au milieu du XIXe siècle

  • Procès-verbal (BCRAA, t. 1, 1862, p. 486)

L’état de dégradation de la belle et grande tour de l’église de Saintes (Brabant), ainsi que le désir d’éviter des dépenses considérables, avait, il y a quelques années, engagé l’administration communale à proposer la démolition de cet édifice.

Grâce à l’active intervention du Gouvernement, les travaux les plus pressants y ont été effectués et l’édifice à pu être conservé.  La dépense s’étant élevée à environ 49,800 francs et les réparations ayant été faites avec intelligence, le Collège ne peut qu’appuyer la demande d’un subside destiné à la liquidation des comptes arriérés.  En ce qui concerne les travaux à faire encore et auxquels la commune et la fabrique comptent consacrer 4,000 francs, la Commission réclame des propositions conformes à l’article 49 du règlement du 30 juin 1862.

  • Procès-verban (BCRAA, t. 1, 1862, p. 508.

Le dessin de la façade latérale de l’église de Saintes (Brabant), à laquelle des travaux de restauration doivent être exécutés, est approuvé.


 

La restauration de l’église de 1906 fit l’objet d’un examen approfondi de la CMS et de rapports qu’il est intéressant de faire figurer ici.

  • Procès-verbal, mai-juin 1905 (BCRAA, t. 44, pp. 78-80)

Le projet soumis en vue de la restauration de la tour de l’église de Saintes a fait l’objet d’un examen sur place le 27 avril 1905.

Les prévisions de ce projet sont trop étendues.  On ne peut admettre le remplacement proposé de la flèche actuelle; celle-ci est en rapport avec le caractère robuste de la tour et porte bien mieux que la flèche projetée le cachet de l’époque qui a vu s’élever la tour, soit le milieu du XVIe siècle.

Il n’y a pas lieu davantage d’exhausser les tourelles angulaires de la tour : ces tourelles ne sont en réalité que des contreforts puisqu’elles sont massives; il serait illogique de les faire surmonter d’un couronnement qui leur donnerait l’apparence de véritables tourelles.

On ne saurait non plus adopter le projet de reconstruire tout l’étage supérieur de la tour pour le motif qu’on constate un surplomb.  Le surplomb date probablement de l’époque de la construction; on n’y remarque que de légères fissures.  La base de la tour constituée par quatre énormes massifs est intacte et d’aplomb.

Certains parements extérieurs de la tour sont en très mauvais état, mais cette situation médiocre ne s’affirme guère de manière inquiétante que vers le sud : les autres faces sont relativement mieux conservées.

Le beffroi des cloches est en bois et parfaitement combiné pour éviter tout mouvement produit sur les murs par la volée des cloches; il doit être conservé et réparé au besoin; le beffroi projeté en fer ne saurait du reste être admissible, tant à cause de son élasticité que par la suite du tort qu’il pourrait causer à la sonorité des cloches.

En somme, il importe de se borner à restaurer la tour de Saintes telle qu’elle existe dans y opérer aucun changement.  C’est un édifice important, d’un aspect majestueux, qui figure d’ailleurs sur la liste des monuments historiques.

Sans aucun doute la restauration des parements, qui à certains endroits, sont disloqués et se détachent du noyau de maçonnerie, constituera un travail délicat et même difficile à exécuter; mais cette restauration n’est pas impossible et si l’on y apport tous les soins voulus et si l’on relie avec précaution et par place les parements à la maçonnerie au moyen d’encrages.  Il doit être entendu que toues les pierres qui sont en bon état seront mises en oeuvre.

Il importera de faire choix d’un bon entrepreneur qui a l’expérience de ce genre d’ouvrages et de travailler à bordereau de prix; une adjudication à forfait est impossible dans le cas présent.

L’architecte devra être autorisé à faire exécuter un essai de restauration des parements dans le ses de ce qui précède, sur une surface de quelques mètres.  Cet essai est d’autant plus facile ici qu’un échafaudage important est déjà établi sur les trois côtés de la tour qui nécessites restaurations; la face ouest a été restaurée il y a une cinquantaine d’années.  On pourra effectuer la restauration de la tour ainsi comprise dans se laisser entraîner à une dépense aussi importante que celle prévue au devis estimatif joint au dossier.  Cette estimation et le projet présenté devront être revus.

Les murs de vaisseau de l’église, les chéneaux, etc. nécessitent aussi des travaux urgents de restauration; ils se trouvent dans un état complet de délabrement, surtout la base des murailles.  On devra profiter de ces travaux pour établir tout autour de l’église un bon trottoir en pavés, posé au mortier, avec pente suffisante pour écarter les eux du pied des murailles.

  • Procès-verbal, mai-juin 1906 (BCRAA, t. 45, pp. 72-73)

Le collège à visé le projet de restauration de l’église de Saintes.  Il y aura lieu toutefois, ainsi que le demande l’administration communale, de supprimer la chapelle prévue au côté nord du temple, laquelle est inutile.  Mais la Commission estime que le tambour projeté à l’entrée ouest doit être maintenu; il est nécessaire pour éviter des courants d’air dans l’édifice.  Architecte M. Symons.

  • Procès-verba, août 1909 (BCRAA, t. 48, pp. 135-137)

Il a été constaté unanimement, le 31 août dernier, lors de l’examen des travaux de restauration de l’église de Saintes, que certaines parties de ceux-ci auraient pu être exécutées avec plus de soucis du passé, avec plus d’exactitude, avec plus de sens artistique.

Ainsi, la maçonnerie rustique a été écartée pour céder le pas à un dispositif de pierre bleues bien équarries et bien alignées, formant le parement du pignon sud.

Si la pierre bleue est préférable à la brique, le moellon est tout indiqué ici.

Des crochets et des fleurons auraient dû couronner ce pignon, afin de l’harmoniser avec l’aspect décoratif des pignons septentrionaux.

Là où le moellon a été mis en oeuvre, il n’a pas été suffisamment tenu compte du système de moellonnage ancien.  Les parties anciennes constituaient des prototypes à imiter.

Les fenêtre tenaires de la sacristie offrent un dispositif très malheureux.  Elles sembles percées dans un massif de pierres bleues.  Il aurait fallu aussi conserver un espace moellonné entre les fenêtres et l’angle du bâtiment.

Les bardeaux en pitchpin, produit industriel exécuté dans une forme en quelque sorte convenue, ont remplacé une voûte en plâtrage.  Ils ont un aspect luisant d’une teinte jaune désagréable à l’oeil et voisinent mal avec la série des piliers en pierre bleue de la nef si intéressants.

Le projet de replacer sur une nouvelle porte en chêne les peintures de la petit porte verte pratiquée au côté sud entre la tour et le portail devra être abandonné. Le chêne actuel peut durer encore de longues années.  Il importera de conserver tel quel ce témoin de l’histoire de l’église.  Il présente un trop grand intérêt archéologique pour que le plus léger changement y soit toléré.

Un restauration intérieure devant suivre les travaux de réfection exécutés à l’extérieur, il sera nécessaire que les plans en soient soumis à la Commission royale.

Ce projet devra comprendre l’établissement de meneaux aux fenêtres sud-est, comme il en existe aux bas-côtés de la face nord.

Une mise en plomb un peu ornée devra conserver à la construction la gravité qui en fait la valeur.

Architecte M. Symons.

 

© Luc DELPORTE – 02/11/2017

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