Le maître-autel (autel Sainte-Renelde)

L’église de Saintes comptait plusieurs autels, l’autel Sainte-Renelde dans le choeur, l’autel de la Vierge dans le transept nord, un autre autel Sainte-Renelde dans la chapelle Sainte-Renelde, un autel Sainte-Anne et un autel Saint-Roch.
Le maître-autel ou autel majeur, placé dans le choeur de l’église de Saintes, est logiquement consacré à sainte Renelde, patronne de la paroisse. Il date de 1763 et remplace un autel plus ancien dont on ne sait que peu de choses.

AUTEL - défénitions

Les autels et leur environnement

Autel : Construction ou meuble sur lequel est célébré le sacrifice de la messe. L’autel est composé d’une partie horizontale, la table d’autel, placée sur un support aux formes variées. L’autel peut-être appelé de façon différente suivant son emplacement (maître-autel, etc.), sa fonction liturgique privilégiée (autel du Saint Sacrement, etc.). [Thesaurus, p. 30]

Pierre d’autel : Pierre naturelle de dimension réduite, d’un seul bloc, consacrée et encastrée dans une table d’autel. [Thesaurus, p. 32]

Degré d’autel : Ensemble de marches, souvent au nombre de trois, permettant d’accéder à un autel. L’autel est souvent construit sur un degré d’autel. [Thesaurus, p. 35]

Plate-forme d’autel : Marche supérieure d’un degré d’autel, degré d’autel à une seule marche, ou plate-forme en bois posée sur un degré. La plate-forme d’autel est parfois décorée. [Thesaurus, p. 35]

Gradin d’autel : caisson ou tablette servant d’étagère, posé sur un autel, à l’arrière et en retrait ; le gradin d’autel sert à poser une croix d’autel, des chandeliers d’autel et divers autres objets. Un autel peut avoir plusieurs gradins. Les gradins peuvent contenir des reliques. [Thesaurus, p. 36]

Parement d’autel : Elément de décors amovible, servant à couvrir la face, éventuellement les côtés et parfois le dos d’un autel. La partie du parement d’autel placée devant la face s’appelle devant d’autel. Lorsqu’il s’agit d’une structure entièrement en tissu ou en matériaux souple (cuir, papier, etc.), il prend le nom d’antependium.  Ne pas appeler devant d’autel mais face de l’autel la partie antérieure d’un autel. [Thesaurus, p. 37]

Retable : Structure comportant une ou plusieurs représentations religieuses figurées, généralement peintes ou sculptées (tableau d’autel ou statue), placée dans un cadre, à l’arrière de la table d’autel ou derrière l’autel. Le retable peut-être de taille plus ou moins importante et de matériaux variés ; il est souvent architecturé, avec les colonnes, des architraves, etc. il peut s’agir d’un polyptyque. Une prédelle, un tableau d’autel ou une lunette peuvent faire partie ou être des éléments démembrés d’un retable. [Thesaurus, p. 44] Dans cet ouvrage, nous entendons par retable une huche en bois, pourvue de groupes sculptés, que viennent fermer des volets qui peuvent être peints ou sculptés. Ce retable repose le plus généralement sur une prédelle également peinte ou sculptée. [Retables, p. 9]

Polyptyque : Oeuvre constituée de plusieurs éléments figurés, peints ou sculptés, montés dans un cadre ou placés dans une caisse. Le polyptyque est généralement posé sur ou derrière un autel, c’est alors un retable ; il est composé d’au moins deux éléments appelés panneaux de polyptyque lorsqu’ils sont fixes, volets de polyptyque lorsqu’ils sont articulés. Lorsqu’il est de dimensions réduites, on l’appelle polyptyque portatif. Une prédelle ou une lunette peut être une partie ou un élément démembré d’un polyptyque. . [Thesaurus, p. 38]

Tableau d’autel : Figuration religieuse peinte ou en relief, de forme variée, posée sur un autel ou derrière celui-ci, sur un mur, généralement dans un cadre ou dans un retable. Une lunette ou une prédelle peut faire partie ou être des éléments démembrés d’un tableau d’autel. [Thesaurus, p. 47]

 

Description de l’autel

Le maître-autel, en bois polychrome, est de style Louis XV . Les dorures et les rocailles y abondent (style Roccoco). Un grand décor, formé de colonnes et de pilastres composites, divise l’autel en trois parties. Au centre, une sainte Renelde en gloire, entourée d’angelots, occupe le sommet de la compostion. La table d’autel, précédée de trois degrés d’autel et encadrée de deux anges adorateurs, présente, sur la cuve, l’Agneau de l’Apocalypse sur le livre aux sept sceaux. Elle est surmontée d’un tabernacle monumental figurant un berger avec sa houlette et trois moutons. Sur les deux parties latérales figurent, en médaillon, les bustes des saints Grimoald et Gondulphe. Le décor architectural est entièrement marbré.

L’ancien maître-autel

Le maître-autel actuel date de 1763. Il remplace un autel plus ancien démantelé lors de la transformation du choeur de l’église dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Cet ancien maître-autel était gothique. Il comprenait le retable de sainte Renelde, qui occupe aujourd’hui la chapelle qui lui est dédiée, le triptyque peint par de Vogelaere, les châsses de sainte Renelde, de Grimoald et Gondulphe, placées en hauteur.

Le maître-autel de 1763

Profitant de la rénovation du choeur de l’église, les autorités paroissiales firent placer un nouveau maître-autel de style Louis XV (Roccoco). La date de 1763 est généralement avancée pour sa construction. D’après G.P. Speeckaert [Histoire de Saintes, p. 131], dans les comptes de l’église, on trouve à cette date : « on va chercher le nouveau maître-autel à Enghien ». Je n’ai pas retrouvé cette mention, mais dans les comptes des années 1764-1770, on trouve mention de plusieurs dépenses effectués à cette occasion. Elles nous apprennent que, si l’autel fut vraisemblablement fabriqué à Enghien en 1763 par le menuisier Collins, il n’arriva à Saintes qu’au mois de février 1764, le 13 apparemment. Il fallut 3 chariots pour le véhiculer en pièces détachées. On peut donc imaginer qu’il fut monté dans le choeur au cours de l’année 1764. D’après les mentions des comptes, la polychromie aurait été faite sur place, ce qui explique la présence des « ourdages pour marbrer les hautels » et des « échelles ». C’est au marbreur Copé que l’on doit la mise en peinture originelle de l’autel.

 

 

Sources :

Source : ACS, 114 : Comptes de l’église de Saintes pour les années 1764-1770.

  • Le 16 février 1764 a été payé à Catherine Hannicq, cabartière à Saintes, la somme de dix livres huit sols pour la dépense de trois voitures fait ché elle et leur compagnie quils ont été cherché le grand autel à Enghien, compris les assistans qui on assisté de transporter les pièces dans l’église … x lb viij s.
  • Le 16 février 1764 a été payé aux administrateurs quattre livres douze sols pour avoir expressement assemblé deux fois pour recevoir les chariots qui on été commandé le 13 février 1764 pour chercher le maître hotel à Enghien … iiij lb xij s.
  • Le 25 7bre 1765 a été payé à Joseph Wattie cincq florins dix sept pattars pour ses journées employées à ladite église à faire les ourdages pour marbrer les hautels que pour raccomodage des échelles, compris son boisson … xj lb xiiij s.
  • Le 12 9bre 1765 a été payé à François Joseph Stevens trois florins dix sept pattars deux liards pour le rendre au seigneur quil a livré aux marbreux cincq sacqs de charbons de ?aux quils ont été pour l’usage de cette église … vij lb xv s.
  • Le 18 xbre 1765 a été payé aux administrateurs de ladite église la somme de vint quattre livres pour avoir fait plusieurs accord avec Copé marbreur et avec Collins menusier, ainsi que pour dresser leurs comptes et pour les payements à eux faites … xxiiij lb.

Source : ACS, 373. Mobilier monumental : autels, lambris, confessionnaux, retable, cuve baptismale, char de Sainte-Renelde, horloge, cloche – 1 liasse.

  • Quittance des administrateurs des biens de l’église de Saintes, 16 février 1764. (…) à la veuve J. Jacques Lambert pour dépence faite ché elle le 13 febvrier 1764 par trois voituriers et leur compagnie qui ont estés chercher le grand autel de Stes compris les assistant qui ont assistés à decharger et remettre toutes les pièces dans leglise dudit Saintes (…)
  • Ordonnance et quittance des administrateurs des biens de l’église de Saintes, 16 février 1764. (…) pour avoir esté assemblé deux fois différentes pour comander et recevoir les chariots qui ont estés comandés le 13 février 1764 pour aller chercher le maître hotel à Enghien (…)

Entretien et travaux de restauration

Les comptes de l’église de Saintes (Ancien Régime), puis ceux de la Fabrique d’église, indiquent régulièrement des dépenses effectuées pour l’entretien ou la restauration des autels dans l’église de Saintes. A peine une douzaine d’année après sa construction (1777), il fallait déjà intervenir sur le maître autel.

La période française fut loin d’être favorable aux églises et à leur mobilier. Des travaux, parfois importants, ont du être entrepris. En 1807, on doit « bronzer » les médaillons de Grimoald et Gondulphe, et dorer les encadrements du maître-autel. Le menuisier Léopold Lesceu doit effectuer des réparations en 1811. A ce moment là, on rehausse les degrés d’autel d’une marche. En 1816, Pierre Eeckhaut, peindre des environs d’Alost, répare et vernit une série de boiseries, notammant le maître-autel.

En 1851, l’intervention semble avoir été plus conséquente. Le curé Philippe Steen, arrivé en début d’année, est connu pour avoir fait réaliser d’importants travaux dans l’église, à la chapelle Sainte-Renelde, à la cure, à la vicairerie et au puits miraculeux. Les comptes détaillés qu’il tenait à l’époque nous renseignent sur l’ampleur des restaurations. Mr Mostinckx, doreur et mouleur, remplaça la table du maître-autel et dora à l’or fin le tabernacle et l’autel. Il aurait été logé et nourri sur place, dans l’établissement du cabaretier Plascart, pendant 168 jours ! Un
ouvrier peintre-doreur l’avait assisté quelques jours. Au même moment, Mr Dupont, peintre-marbreur de Nivelles, remet en couleur le maître-autel. Il logea également chez le cabaretier Plascart, en septembre et octobre 1851.

Le tabernacle coffre-fort fut placé en 1862. Cette année là, Mr Hoorinckx le confectionna en son atelier situé 73 rue de Laeken à Bruxelles. Il coûta 335 francs de l’époque.

Sources :

Source : ACS, 373. Mobilier monumental : autels, lambris, confessionnaux, retable, cuve baptismale, char de Sainte-Renelde, horloge, cloche – 1 liasse.

  • Quittance des administrateurs des biens de l’église de Saintes, 17 mai 1777. (…) de compter trente trois florins au Sr Crapet, résident en la ville de Bruxelles, pour avoir racomodé, repolit et donné un nouveau lustre au grand autel, à l’autel de la Vierge, celluy de sainte Anne, et celluy de saint Rocq dans l’église dudit Saintes pendant le cours de ce mois, ensuitte convention faite par les gens de loy avec ledit sieur Crapet (…)
  • Quittance des administrateurs des biens de l’église de Saintes, 17 mai 1777. (…) de compter entre nos mains la somme de cincq florins et dix pattars pour avoir étés employés pendant un jour en nombre de cincq, compris le valet de loy, pour convocation pour faire cognoitre les ouvrages nécessaires à faire tant au grand autel, celluy de la Vierge, de sainte Anne et de St Rocq en laditte église de Stes, tant pour recoller, racomoder, repolir et et donner un nouveau lustre aux avandits autels ainsy que pour ordonné au charpentier de mettre des noeu eschellon aux eschelles de laditte église, les trouvant fort consommer, mettre plusieurs morceaux de bois aux dits autels, à la chere de vérité (…)

Source : ACS, 126. Comptes du Comptoir Sainte-Renelde pour les années 1806-1807.

  • Audit Sieur Bataille a été payé dix neuf florins treize patars deux liards pour avoir bronzé les deux médaillons du maître autel et doré les cadres des canons dudit maître autel, par quittance du douze Xbre 1807, ici … 19 – 13 – 2.

Source : ACS, 128. Comptes de l’église de Saintes, quittances pour l’année 1807.

  • Je soussigné ai reçu de Nicolas Joseph Coupez, fabricien de la succursale de Saintes, la somme de dix neuf florins treize patars deux liards pour avoir bronzé les deux médaillons au maître autel et pour la dorure des canons du maître autel, en foi de quoi j’ai signé cette à Saintes le douze Xbre mil huit cent sept.

Source : ACS, 131. Comptes de la Fabrique de l’église succursale de Saintes pour les années 1810-1811.

  • A Léopold Lesceu, menuisier à Saintes, à été payé treize florins dix sous trois liards pour les restaurations et cloux livrés pour le maître autel et celui de la chapelle de Sainte Renelde, par quittance du quatre avril 1811, ici … 13 – 10 – 3

Source : ACS, 135 bis. Comptes de l’église de Saintes, quittances pour l’année 1812.

  • Etat des bois de chêne sciés, livré par Nicolas Joseph Coupez, clerc de Saintes, pendant le cours des années 1810, 1811 et 1812, pour l’usage de l’église dudit Saintes selon la mesure et appréciation faite par Léopold Lesceu, menuisier à Saintes / 2° Dans le courant du mois de mai 1811, livré vingt deux pieds pour hausser les passés du maître autel et celui de la chapelle Sainte Reynelde d’une marche chacun, faisant les deux articles deux cent dix huit pieds ½ à raison de 7 florins les 100 pieds, porte quinze florins cinq sous … 15 – 5 – 0

Source : ACS, 142. Comptes de l’église de Saintes, quittances pour l’année 1816.

  • Etat détaillé de Pierre Eeckhaut, pintre né à Lede dans les environs d’Alost, pour différens ouvrages et livraisons faites à l’église de Saintes pendant les mois de septembre, octobre, novembre et décembre de l’an mil huit cent seize le tout est comme suit
  1. pour maître autel, les lutrins pour chantres, le ban de communion, la chaire de prédication, restauré, mis en bon vernis etc cent soixante florins … 160 – 0
  2. pour restaurer et mis en vernis les autels de Ste Anne et de St Roch, cinquante florins … 50 – 0
  3. pour restaurer et mettre en vernis l’autel de la sainte Vierge et les trois tableaux, quarante florins … 40 – 0
  4. pour avoir argenté les six chandeliers du maître autel, vingt un florins … 21 – 0
  5. Pour avoir mis en couleurs les dais et tronc de la sainte Vierge et de sainte Anne, ainsi que tout ce qui y est relatif et y compris différent petits objets, vingt deux florins … 22 – 0
  6. pour avoir netoyé et mis en vernis le confessional et armoires près l’autel de la Vierge ainsi que pour breses et savon nécessaire pour travail à tous les objets susdits, quatre florins … 4 – 0

La somme totale porte deux cent nonante sept florins de Brabant ou cinq cent trente huit francs septante sept centimes 55/100 monoie de France. Saintes le 31 décembre 1800 seize.

Source : ACS, 329. Registre de toutes les dépenses faites pour l’église et le presbytère de Saintes depuis l’arrivée
de Philippe Steen, curé, le 8 janvier 1851-[1870]

  • 31 octobre 1851, payé à Mostinckx, mouleur, pour une table du maître autel, dorure du tabernacle et de l’autel un à compte de … 172,20 frs.
  • 31 octobre 1851, payé à Monsieur Dupont, peintre marbreur, un a compte sur l’état pour livrance de couleur et journées employées au maître autel et à celui de Ste Renelde … 302,40 frs.
  • 7 novembre 1951, payé à Plascart, cabartier à Saintes, a compte de ce que l’église lui doit pour nouriture et logement du peintre Dupont, de Nivelles, en 7bre et octobre 1851 … 100 frs.
  • 24 novembre 1851, payé à Monsieur Mostinckx, dorreur mouleur, pour solde de son état pour livrance de la table du maître autel 125 francs et livrance d’or fin pour tout le maître autel, journées et nouriture selon son état 165 ensemble 280 francs ici pour solde avec la somme précédente de l’autre côté … 107,80 frs.
  • 18 août 1852, 2 pieds de zinq pour le maître autel … 1,18 frs.
  • 12 décembre 1852, payé à Plascart pour solde de ce qui lui est du pour logement et nouriture donné à Mr Mostinck et Dupont, à compte de quelle dette il avait reçu 100 francs en 1851, ici pour solde … 51,50 frs.
  • 23 décembre 1852, payé à Dupont, peintre à Nivelles, le restant à payer d’après son compte pour coulleurs, vernis, or, etc. pour l’autel de Ste Renelde et le maître autel en 1851, ici pour solde … 206,92 frs.
  • 31 mai 1861, payé à Plascart la pension de l’ouvrier peintre pour dorer le maître-autel 6 jours ½ à 1 fr 5° … 9,75 frs.

Bibliographie avec extraits :

Le maître-autel de l’église de Saintes a déjà fait l’objet de plusieurs notices, publiées dans divers inventaires ou ouvrages. A titre documentaire, nous les reproduisons ci-dessous :

Saintes en Brabant, pp. 25-26

Le maître-autel surmonté d’une statue de Ste Renelde triomphante, style Renaissance, en bois polychromé, fut placé comme nous l’avons dit en 1763. D’après un compte de l’église, nous savons qu’on alla le chercher à Enghien. On peut donc supposer qu’il est sorti de l’atelier de Charles Collins, maître-charpentier à Enghien qui, en 1756, fit les stalles de l’église d’Enghien.

Histoire de Saintes, p. 130 & 131

L’église contient à l’heure actuelle trois autels : le maître-autel, l’autel de la sainte Vierge et l’autel de sainte Renelde, dont nous venons de parler. Anciennement, elle contenait de plus un autel à sainte Anne et un autre à saint Roch.

Le maître-autel actuel fut placé dans l’église de Saintes, en 1763. En effet, dans les comptes de l’église nous lisons à cette date : « on va chercher le nouveau maître-autel à Enghien ». Il est probable que cette date est également celle de sa construction, car, en pleine époque de renaissance, au moment où l’on tendait à faire disparaître les autels gothiques, il devait être exceptionnellement rare de pouvoir acheter d’occasion un autel de style Renaissance d’occasion. Cet autel pris certainement la place d’un autel gothique, qui devait être surmonté du triptyque peint par De Vogelaere, dont nous voyons encore les panneaux de côté dans le choeur et le panneau central dans le fond de la nef Nord.

Sur la foi du livre de compte, il est permis de supposer que l’autel sortit d’un atelier d’Enghien. Fut-il venu de plus loin, la dépense en aurait été mentionnée avec soin.

Comme les maîtres-charpentiers devaient être rares à Enghien, il est probable qu’il sortit de l’atelier de Charles Collins, maître-charpentier, qui, en 1756, fit les stalles de l’église d’Enghien.

La table du maître-autel fut renouvellée en 1851, comme le mentionne le compte suivant du 31 octobre : « payé à Mostinckx, mouleur, pour une table du maître-autel, dorure du tabernacle de l’autel, un acompte de 172,20 frs, plus 107,80 frs. Payé à Mr Dupont, peintre marbrier de Nivelles, un acompte sur l’état pour livrance de couleurs et journées employées au maître-autel et à celui de sainte Renelde 302,40 frs ensuite 206,92 frs ». En 1862, Mr Hoorinckx, en son atelier situé 73 rue de Laeken à Bruxelles, confectionna le coffre-fort-tabernacle pour la somme de 335 frs.

Notes pour l’inventaire, p. 181

Un autel majeur de style Louis XV, d’une composition touffue ; les rocailles et les dorures y abondent. On y voit, outre l’image de la patronne de la paroisse, saint Grimoald et saint Gondulphe, figurés en médaillons ; il s’agit des compagnons de Renelde en son martyre. L’autel majeur daterait de 1763.

Inventaire 1961, p. 171

Autels, 1687 ? et 1763 ? (baroque).

Trésors d’art, p. 55

Un autel majeur, de style Louis XV, d’une composition touffue où rocailles et dorures abondent. Cette oeuvre, qui daterait de 1763, est homogène. Nous voyons au sommet, l’image de la patronne de la paroisse, en gloire, environnée d’angelots. Saint Grimoald et saint Gondulphe figurent en médaillon. Sur la cuve nous trouvons l’ « Agneau sur le livre aux sept sceaux » et, plus haut, des anges adorateurs. Sur le tabernacle sommé d’un crucifix, un berger muni de sa houlette, s’incline écoutant une révélation céleste. Il est accompagné de trois moutons. A l’arrière-plan, un grand décor est formé de colonnes et pilastres composites.

Patrim. monum., p. 507

Autels baroques (1687) et Louis XV (1763)

Rép. photogr., p. 20

Autel majeur, Ange adorateur, Agneau de l’Apocalypse, bustes des Sts Gandulphe et Grimoald, statue de Ste
Renelde, 1763, bois peint.

Eglise SR, p. 18

Le Maître-autel, en bois polychrome, est de style Louis XV. Il date de 1763 ou 1764, époque où l’ensemble du choeur, encore roman, fit l’objet d’une campagne de transformation profonde en style classique.

D’après les comptes de la paroisse, il a été fabriqué à Enghien, vraisemblablement dans les ateliers de Charles Collins.

Détails :

  • au sommet, sainte Renelde triomphante entourée d’angelots
  • en médaillon, bustes des saints Grimoald et Gondulphe
  • sur la cuve, l’Agneau de l’Apocalypse sur le livre aux sept sceaux et des anges adorateurs
  • sur le tabernacle, un berger avec sa houlette et trois moutons
  • à l’arrière-plan, grand décor formé de colonnes et pilastres composites.

 

© Luc DELPORTE – 01/11/2017

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