La seigneurie de Mussain à Saintes

A Saintes, outre la seigneurie principales du village – la seigneurie à clocher de Saintes[1] – on retrouve plusieurs seigneuries secondaires[2]. La plus importante d’entre elles était, sans conteste, la seigneurie de Mussain.

Peu d’auteurs s’y sont intéressés, vraisemblablement par manque de sources. Georges Patrick Speeckaert, qui habitait le château de Mussain acheté le 13 août 1900 par son grand-père au vicomte Albert de Jonghe, y consacra seulement trois pages dans la petites brochure sur l’histoire de Saintes qu’il publia en 1950.[3] Plus récemment, Jan Verbesselt, dans le dernier volume de son « Parochiewezen in Brabant », consacré entre autres à Saintes, revient sur cette seigneurie, mais de manière qui nous semble fort superficielle et, parfois, peu judicieuse. La découverte, dans le fonds d’archives de la « Seigneurie d’Enghien » conservé aux Archives Générales du Royaume, d’un dénombrement extrêmement détaillé du milieu du XVIIIe siècle et, toujours dans le même fonds, dans le cartulaire des fiefs de la seigneurie d’Enghien du début du XVIe siècle, d’une description précise de l’habitat seigneurial de Mussain, nous ont poussé à faire le point sur ce que nous savions jusqu’à présent de cette importante seigneurie.

L’article qui suit doit donc être considéré comme un état de la question provisoire. La découverte éventuelle de nouvelles sources documentaires, et pourquoi pas des archives de la seigneurie, devrait sans doute permettre, à l’avenir, de renouveller la question.

Le point de vue de Jan Verbesselt.

Jan Verbesselt[4], évoque tout d’abord l’existence d’un lignage de Mussain, mentionné dès le début du XIIIe siècle comme vassaux du seigneur d’Enghien. Il tente ensuite de décrire le domaine de Mussain à partir du cartulaire des fiefs d’Enghien de 1466 et en conclut qu’il s’agit d’un fief d’Enghien particulièrement important.[5]

Pour cet auteur, la structure de la seigneurie de Mussain démontre qu’il s’agit d’un domaine indépendant, sans lien évident avec Saintes, composé d’une réserve seigneuriale qui s’étend sur 76 bonniers et qui comprend des terres, des prés et des bois ; d’une censive dont la superficie n’est pas précisée ; d’un terrage sur 33 bonniers ; et de plusieurs hommages qui en sont tenus. Un autre fief de 10 bonniers, avec maison, était également tenu par le seigneur de Mussain. Celui-ci exerçait, sur l’ensemble, la justice haute, moyenne et basse.

Sur base de ces éléments, Jan Verbesselt estime la superficie totale du domaine à environ 200 bonniers et en conclut que cela correspond à une petite villa ou domaine. Pour cet auteur, il n’y a pas de doute que ce domaine est très ancien et remonte aux appendicia de Saintes mentionnées dès 868-869 dans le polyptyque de l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes. Nous reviendrons plus loin sur ces affirmations et, en particulier sur la superficie estimée du domaine que nous avons pu établir avec beaucoup plus de certitude.

Notons également que J. Verbesselt, à partir du cartulaire des fiefs d’Enghien, ajoute au fief de Mussain un second fief d’une étendue de 10 bonniers de terre sur lequel il y avait une maison. Il en déduit qu’il s’agissait là de la résidence du seigneur – plus tard le château –, centre du domaine de Mussain. Nous verrons qu’il n’en est rien.

En ce qui concerne le lignage de Mussain, J. Verbesselt va jusqu’à estimer qu’il y avait à Saintes deux avoués locaux de l’abbaye de Lobbes, les Saintes et les Mussain, et qu’ils ont tous les deux profité de leur avouerie pour constituer deux entités distinctes l’une de l’autre. Ces domaines autonomes n’étaient toutefois pas assez puissants pour échapper à la domination des seigneurs d’Enghien. La dépendance fut cependant plus forte avec Mussain qu’avec Saintes qui ne releva jamais en fief d’Enghien.

Toutes ces affirmations ne sont que pure conjecture et ne reposent sur aucun élément tangible. Nous y reviendrons également.

Le lignage de Mussain

S’il faut attendre la fin du Moyen Age pour disposer de données sûres relatives au domaine de Mussain, par contre le lignage qui en portait le nom apparaît déjà au XIIe siècle.[6] Cette famille semble, à l’origine, avoir eu des possessions aussi bien du côté de Kattem (Borchtlombeek) qu’à Saintes, et peut-être même du côté de Flobecq. Nous n’avons pas l’intention d’en dresser la généalogie dans le présent article, car les recherches devraient être plus poussées.

De même nous croyons qu’il est encore prématuré de dresser la liste des seigneurs de Mussain qui succédèrent à la première Maison seigneuriale connue, car de trop nombreuses zones d’obscurité subistent encore. Pour l’heure, disons simplement que les Mussain disparaissent des textes dès le XIVe siècle. Une branche de la famille de Gavre lui succède, sans que l’on sache vraiment si la succession fut directe où si la seigneurie passa, entre temps, en d’autres mains. Des Gavre, elle passa aux Eesbeek dit Vander Haegen de Mussain qui la possédèrent depuis le début du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Jusqu’à plus informé, il n’y aurait donc eu que trois Maisons seigneuriales qui se seraient succédées à la tête de la seigneurie de Mussain, ce qui est relativement peu en près de huit siècles.

Le domaine de Mussain

Les origines loitaines de Mussain nous sont totalement inconnues. Le toponyme lui-même indique toutefois que le lieu était habité depuis une époque reculée, puisqu’il s’agit d’un nom germanique en –haim (= habitation).[7] Ce type de toponyme apparaît entre le Ve et le IXe siècle. On peut donc reporter au Haut Moyen Age l’établissement d’un habitat à cet endroit. Mais, de là à en faire une villa ou domaine indépendant à l’époque carolingienne comme le fait J. Verbesselt, il y a un pas que nous ne pouvons franchir en l’absence de toute indication probante.

Le domaine féodal, quant à lui, peut être appréhendé. Les sources que nous avons pu rassembler le montrent plus complexe que ce que J. Verbesselt le pensait. En effet, la terre et seigneurie de Mussain était constituée de plusieurs parties, à savoir un fief seigneurial relevant de la seigneurie d’Enghien, un fief exclusivement boisé relevant de la pairie de Lens et un centre domanial qui demeura allodial jusqu’à la fin de l’Ancien Régime ; le tout ne faisant dans les faits qu’un seul et même domaine, celui de Mussain.[8]

Le fief seigneirla de Mussain, fief ample d’Enghien

Si l’on excepte le dénombrement de 1464 d’un fief relevant de Mussain sur lequel nous reviendrons, le plus ancien élément de description que nous ayons retrouvé est le dénombrement de la partie de Mussain relevant d’Enghien, que le cartulaire de 1466[9] décrit comme composé de :

  1. Une réserve seigneuriale : le terre de Mussain, contenant lvj bonniers de terre ahannable. Item iiij bonniers de pret. Item xvj bonniers de bois gisant dales le Contaluet. En tout donc 76 bonniers.       Si la localisation de ces terres n’est pas donnée, le bois de 16 bonniers est situé près du Contaluet, c’est-à-dire à Bierghes.[10]
  2. A côté de la réserve il y avait des tenures à cens puisqu’au fief était dues pluiseurs rentes si comme xv muis ij rasieres davaine et xiiij s. de blans, lxxviij cappons. Item xij auwes. Item une ghelme. Item xxviij pains de viij en le rasiere dont les iij … do … fourmet et … soile. Item xj librez de blans de cens a le St Jehan que pluiseurs personnes doivent chacun an sour pluiseurs heritaiges gisant tant en le paroche de Saintes comme laentours. Pas plus que pour la réserve seigneuriale, le dénombrement ne donne de localisation précise pour la censive. Mais il indique toutefois qu’elle s’étendait au-delà de la paroisse de Saintes.
  3. En plus des terres concédées contre un cens et des rentes seigneuriales, le seigneur de Mussain percevait également un terrage sur xxxiij bonniers de terre desquelx il a le teraige a le ve garbe.
  4. Enfin, sans que l’on sache exactement leur importance, pluiseurs homaiges et fiefs qui se deppendent et deschendent de ce fief étaient tenus de la seigneurie de Mussain.
  5. Le possesseur du fief avait, sur la réserve et sur l’ensemble des tenures qui en dépendaient, le haulte justice, moyenne et basse.
  6. A cela s’ajoutait, assez logiquement, les droits de mutation puisque de tous lesquelx heritaiges et fiefs devant dits il a et doit avoir les congés, entrees, yssues et services quand il se transmuent de main en autre par vendaige u autrement.

C’était donc une seigneurie importante tant en superficie qu’au niveau des droits que possédait le seigneur. On constatera toutefois qu’il n’y est nullement question d’un quelconque habitat, ce qui ne peut manquer d’étonner pour un fief d’une telle importance.

Le cartulaire des fiefs de 1506[11] en donne une description assez semblable :

  1. La terre et seignourie de Mussain dont la composition est ici en terres labourables, prez, pasturaiges et bois, environ liij journels [sic] xlvij verghes.[12]
  2. La censive est de ciii s. xi d. blanz fors de cens et rentes, en xlviij chapons a compter ij pouilles pour ung chapons et ij auwes et ix … davaine de rentes.
  3. Le terrage est identique : xxxiij bonniers de terre desquelz il a le terraige a le v garbe
  4. Pluiseurs fiefz et hommaiges en étaient tenus.
  5. Et finalement le seigneur disposait de le haulte justice, moyenne et basse, desquelz heritaiges et fiefz devantdits.

La particularité de ce dénombrement est qu’il décrit très précisément l’habitat seigneurial, mais en précisant qu’il échappe au fief relevant d’Enghien. Nous le reprendrons donc séparément.

Ces descriptions de la fin du Moyen Age sont confirmées par les dénombrements ultérieurs, comme l’indiquent les dénombrements de 1548 et de 1752-1753. Ils démontrent, si besoin en était, la relative permanence des structures féodales à travers le temps.

Celui de 1548 est en tous point comparable à celui de 1466 sur base duquel il a vraisemblablement été rédigé.[13]

Le dénombrement de 1752-1753[14] est remarquable en ce sens qu’il localise toutes les parcelles qui composent la réserve seigneuriale, toutes les tenures à cens qui en dépendent et tous les fiefs qui en relèvent. A partir de là, il est donc possible de calculer l’étendue exacte de ce fief seigneurial et de le situer au sein du finage avec une relative précision.

 1. La réserve seigneuriale

Elle consistait, selon le dénombrement, en cinquante huit bonniers de terre labourable, quatre bonniers de pretz et six journels de bois, vers le Contalieu sous Bierghes.

Par rapport à 1466, on note une différence. Ainsi, les terres labourables sont passées de 56 à 58 bonniers ; augmentation assez peu conséquente. Par contre, les bois situés à Bierghes près de la Contalieu, qui étaient comptés pour 16 bonniers en 1466, ne couvraient plus que 6 journels au milieu du XVIIIe siècle. Cette différence dénote-t-elle une erreur dans le dénombrement de 1466 ? Ou est-ce le résultat d’une évolution normale qui a conduit le seigneur de Mussain à défricher une bonne partie de son bois et à le lotir, diminuant ainsi l’étendue de sa réserve seigneuriale au profit de la part réservée aux tenures à cens ou aux fiefs ? L’absence de toute indication relative à l’étendue de la censive et des fiefs en 1466 ne permet pas de trancher.

L’examen de la répartition des 35 parcelles de terres, prés et bois de la réserve indique qu’elles étaient regroupées autour de Mussain, sur le champ du Moulin et, à Bierghes, sur le champ de Ham.

Si l’on additionne la superficie de ces parcelles, on obtient 4 bonniers 1 journel de pré[15] (au lieu de 4 bonnier dans le dénombrement) ; 56 bonniers 2 journels de terres labourables[16] – auquels il faut sans doute ajouter ½ bonnier ?[17] – (au lieu de 58 bonniers dans le dénombrement) ; et 1 journel d’aulnois (au lieu des 6 journels de bois dans le dénombrement ?). On en arrive donc à un total vraisemblable de 61 bonniers 2 journels pour la réserve seigneuriale (au lieu de 63 bonniers 2 journels dans le dénombrement).

2. Les tenures à cens

A ce fief appartiennent plusieurs cens et rentes seigneuriales, sicomme quinze muids deux rasieres d’avoine, cent quatorze sols blanc, septante huit chapons, deux oyes, trois pouilles, vingt huit pains de huit en la rasiere dont les trois quarts doivent etre du froment et l’autre quart de soil, Item quinze livres blanc de cens au St Jean Baptiste que plusieurs personnes doivent sur leurs heritages.

Grâce au cartulaire de la seigneurie de Mussain, renouvellé le 27 octobre 1752, inséré intégralement dans le dénombrement du fief, il est possible d’évaluer et de situer les tenures à cens dépendant de la seigneurie.

La censive était composée de 38 parcelles. Celles-ci couvraient environ 12 bonniers 2 journels 50 verges de terres labourables. Les prés étaient peu importants puisqu’il couvraient à peine 50 verges, auxquelles il faut aujouter tout de même 2 bonniers de pâture. On dénombre également 1 bonnier 1 journel 65 verges de courtil et 3 journels 50 verges de jardins.[18] Certaines de ces tenures étaient bâties et l’on retrouve ainsi 12 maisons et une brasserie. L’une de ces habitations était la ferme de la Vallée. Une autre comprenait étable et fournil. Au total donc la censive s’étendait sur environ 17 bonniers 15 verges, ce qui est assez peu comparativement à la réserve seigneuriale.[19]

La répartition géographique de ces parcelles est intéressante. Il n’est pas toujours possible de les situer avec une certitude absolue, mais une image assez sûre peut toutefois s’en dégager.

On notera immédiatement que l’essentiel de la censive est groupé non loin du centre de la seigneurie ; d’abord à Saintes, aux alentours immédiats de Mussain, sur la couture du Blan Bucq à la limite avec le Brabant, sur la couture des Planches, à Kehain, à la Happe (actuellement le Trop), au lieu-dit la Mottelette situé près de Kehain (Saintes ou Bierghes ?) ; ensuite à Bierghes, aux alentours de Ham, sur la couture de l’Epine, sur la couture du Long Boully à l’Epine, sur la couture del Garre.

A cela s’ajoute quelques parcelles dont la situation est plus étonnante. Il s’agit d’abord de deux maisons qui sont situées au centre du village de Saintes, devant le cimetière, la première vis-à-vis du pilori de Mussain (1 journel), et la seconde dénommée la Funcquette (1 journel). On relèvera évidemment la présence d’un pilori de la seigneurie de Mussain, tout à fait étonnante à cet emplacement.

Trois autres parcelles attirent immanquablement l’attention car elles sont situées bien loin de Mussain. Il s’agit tout d’abord d’un demi bonnier situé dans la paroisse de Steenkercque sur la couture de Clemont ; ensuite d’un héritage dont la superficie n’est pas spécifiée appelé Scheebecq et situé à Herfelingen ; enfin d’un demi bonnier situé à Hoves sur la couture du Meybrock. Nous ignorons comment ces parcelles éloignées ont été rattachées à la seigneurie de Mussain.

3. Un terrage tombé en désuétude

En ce qui concerne le droit de terrage prélevé par le seigneur de Mussain, il est précisé que, s’il est bien mentionné dans tous les dénombrements précédents comme consistant en trente huit bonniers a la 5e jarbe, il n’a pas été possible de découvrir sur quelles terres il s’appliquait. Ce droit était donc tombé en désuétude sans que l’on sache depuis combien de temps. Nous retiendrons simplement, qu’à l’origine, ce droit de terrage devait être effectif, mais qu’il s’est perdu par la suite, sans que l’on sache exactement à quelle époque, ni sur quelles terres il se prélevait.

4. Les arrières fiefs

De la seigneurie de Mussain relevaient plusieurs hommages. Ils étaient au nombre de 18 au milieu du XVIIIe siècle. Ils couvraient une superficie de 30 bonniers 10 verges de bois, 10 bonniers 1 journel de terre, 1 bonnier 1 journel 40 verges de prés et pâtures et 3 journels de courtil. Au total donc 42 bonniers 1 journel 50 verges.

Tous ces fiefs sont situés à Bierghes et Hautecroix. Aucun ne se trouve sur le territoire de Saintes.

Les bois sont, en grande partie situés dans le bois du Strihoux. C’est le cas du fief de 27 bonniers constitué par le Bois de Herrebeck, situé sur Hautecroix.

A Bierghes, les fiefs sont tous situés dans une zone relativement concentrée, non loin de la ferme de la Contalieu. Cela fait inévitablement penser aux bonniers de bois de la réserve encore mentionnés en 1466, mais qui ne le sont plus au milieu du XVIIIe siècle. On retrouve ces fiefs sur le Petit Champ (près de Boussart), sur la couture du Fresne, sur la couture du Foucart et du Grand Foucart, sur la couture du Contalieu, à Hannecroix et sur le closin du Hocqueteau.

Une mention particulière doit être réservée au fief de 3 journels de courtil situé au sein du courtil de la maison du Pont à Wisbecq, c’est-à-dire du château de Wisbecq, sur lesquels trois journels presentement est batie la grange et une partie de la Basse-Cour du château. Cette même parcelle de terre, pourtant tenue en fief de la seigneurie de Mussain, devait également deux pains de huit en la raziere dont trois quarts doivent etre de froment et lautre quart de seigle.

5. Les droits de mutation

Les droits de mutations prélevés par le seigneur de Mussain sont ici précisés. Ainsi, de tous lesques heritages il a entrée, issue et service quand ils se transmuent de main a autre a l’advenant du cinquième pour les fiefs, et du 8e pour les autres biens.

6. Les droits de justice

Sur l’ensemble, le seigneur disposait des droits de justice : haute, moyenne et basse justice, étant laditte seigneurie dans la paroisse de Saintes, aiant de tous tems établi bailli, mayeur et echevins, laquelle seigneurie est independante de celle de Saintes, pour les XXes, feux et cheminées, tailles et autres, faisant masarderie separée avec ceux dudit Saintes.

Ces données permettent donc d’estimer avec une précision suffisante l’étendue globale du fief seigneurial de Mussain relevant de la terre d’Enghien. Réserve seigneuriale, terres concédées en fief ou en tenures à cens s’étendaient ainsi sur près de 120 bonniers. Si l’on y ajoute l’étendue du terrage, tombé en désuétude au XVIIIe siècle mais qui doit bien avoir existé à l’origine, on arrive à une superficie totale de près de 155 bonniers.

Le bonnier valait, en principe, à Saintes 1 ha 11 a 59 ca. Nous obtenons ainsi pratiquement 134 ha, si l’on ne tient pas compte de l’étendue du terrage, et 173 ha, si on en tient compte.

L’alleu de Mussain

Le dénombrement de 1506 dont il a été question plus haut est particulièrment précieux car il est le seul document que nous ayons retrouvé à ce jour qui décrive le centre domanial de Mussain et son habitat. Celui-ci précise clairement que le fief relevé d’Enghien concerne la terre et seignourie de Mussain, sauf et reservé que la maison, motte, fossez, eauwes, bassecourt et pourpis dudit Mussain et environ vj bonnier ung journel diretaige laenthour est francq alloet. On saisit dès lors la raison pour laquelle il n’était jamais question de ce centre domanial dans les dénombrements du fief. Alleu, il échappe à toute description dans les cartulaires et l’on doit s’estimer bien heureux, qu’en 1506, on ait jugé bon de préciser ce qui échappait à la tenure féodale.

Cette situation allodiale s’est perpétuée jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. On en a, en effet, la confirmation dans le dénombrement du milieu du XVIIIe siècle, lorsqu’une parcelle de la réserve est située comme tenant de deux cotés au francq aloiet dudit Mussain.

Nous reviendrons plus loin sur l’habitat seigneurial. Précision simplement que l’alleu s’étendait donc sur 6 bonniers 1 journel, c’est-à-dire sur pratiquement 7 ha.

Le fief relevant de la pairie de lens

A la suite, semble-t-il, d’un accord entre le seigneur de Saintes et celui de Mussain, une partie du bois de Stéhoux à Saintes[20] et des revenus à prélever sur la terre de Saintes furent éclissés du fief de Saintes, qui relevait de la pairie de Lens[21], et rattaché à la seigneurie de Mussain.

Au XIVe siècle encore, le seigneur de Saintes tenait en fief de la pairie de Lens « quinse bonniers de bos u environ au bos d’Estehout, et le justice sus »[22]. A la fin de l’Ancien Régime, le bois du Stéhout existait toujours, mais le seigneur de Saintes n’en possédait plus la moindre parcelle. Par contre, le seigneur de Mussain apparaît alors comme propriétaire d’un fief relevant de la pairie de Lens et consistant en 16 bonniers au bois du Stéhout.[23] Le reste du bois du Stéhout appartenait à l’abbaye de Lobbes. Les revenus provenant des bois situés à Saintes était, par ailleurs, prélevés pour deux tiers par l’abbaye de Lobbes et pour le dernier tiers par le seigneur de Mussain. Par contre, seul le seigneur de Saintes disposait de la haute justice sur les bois et avait le droit d’y chasser.[24]

Il semble clair que ce fief relevant de Lens est passé d’un seigneur à l’autre. En vertu de quel accord ? Nous ne pouvons le préciser avec certitude, mais une hypothèse peut toutefois être avancée. En effet, pour des raisons qui nous sont encore inconnues, le 16 août 1419, une transaction fut passée entre Englebert d’Enghien, seigneur de Saintes, et Godefroid de Gavre, seigneur de Mussain, au sujet de leurs droits respectifs à Saintes et Mussain. Peut-être cette transaction expliquerait-elle le transfert de propriété du fief. [25]

Il faut donc ajouter à la seigneurie de Mussain l’étendue de ce fief de Lens, à savoir 16 bonniers ou, à peu de chose près, 18 ha.

Au total donc, le domaine de Mussain s’étendait primitivement sur les 173 ha du fief d’Enghien et les 7 ha de l’alleu de Mussain ; soit un total de 180 ha. Il faut encore y ajouter, probablement à partir du début du XVe siècle, les 18 ha du bois du Stéhout, tenus en fief de Lens. On en arrive donc à un domaine qui avoisinnait les 200 ha.

Le château de Mussain

Depuis quelle époque y eut-il un château à Mussain ? Comment se présentait-il ? Quelles en furent les transformations ? Que reste-t-il aujourd’hui de ce château ? Voilà bien des interrogations auxquelles nous allons tenter de donner un début de réponse.

Le dénombrement de 1506 nous livre la plus ancienne description connue de l’habitat seigneurial de Mussain. Les albums de Croy, vers 1600, nous en livre la plus ancienne image. Les cartes topographiques des XVIIIe et XIXe siècles et le cadastre ancien complètent nos connaissances du site. Enfin, les cartes postales du début du XXe siècle apportent quelques données sur la situation récente.

A l’origine, une motte entourée d’eau ?

Le lignage de Mussain est connu par les textes depuis le dernier quart du XIIe siècle. Il s’agissait, de toute évidence, de propriétaires allodiaux, aussi bien dans la région qu’en d’autres endroits. Au début du XIIIe siècle, ce lignage apparaît comme étroitement lié aux seigneurs d’Enghien. Ses membres feront partie de la chevalerie et figureront parmi les plus fidèles vassaux des seigneurs d’Enghien. Walter de Mussain est même qualifié de noble au début du XIIIe siècle. Ce lignage tire son nom d’une seigneurie importante disposant de la haute justice et qui devait constituer son lieu de séjour principal. Ces quelques éléments suffisent à en démontrer l’importance et permettent de supposer que leur lieu de résidence devait correspondre à leur rang, à leur richesse et à leur puissance.

Si cette puissance n’avait évidemment rien à voir avec elle des grands nobles dont l’influence se faisaient ressentir dans les environs et au premier rang desquels il faut placer les seigneurs d’Enghien, mais aussi ceux de Lens, les châtelains de Bruxelles, les seigneurs de Silly-Trazegnies, etc., les Mussain pouvaient presque rivaliser avec les seigneurs de Steenkercque, de Hoves ou encore ceux de Saintes.

L’habitat traditionel d’un seigneur de ce rang était, au tournant des XIIe-XIIIe siècles, la motte ou, à tout le moins, le site fossoyé et entouré de palissades. Faute d’éléments tangibles pour cette époque reculée, nous sommes bien forcés de considéré cela pour Mussain comme hypothétique, bien que fort vraisemblable.

Ce mode d’habitat seigneurial est typique du XIIe siècle et se poursuivra assez tard durant le XIIIe siècle. La mention, à la fin du Moyen Age, dans le dénombrement de 1506, d’une motte entourée de fossés et d’eau ramène immanquablement à une fortification de cette époque et rend notre hypothèse particulièrement solide.

Nous croyons donc que, fin XIIe-début XIIIe siècle, les Mussain sont solidement installés dans le nord du village de Saintes, sur l’un de leurs alleux, et qu’ils y ont bâti une motte. Comme toujours dans ces cas, une basse-cour, peut-être également entourée de fossés ou de palissades, complète le dispositif.

A la fin du Moyen Age, la description qui est donnée du centre domanial, rappelle encore cet ancien état des choses : maison, motte, fossez, eauwes, bassecourt et pourpis.

Nous croyons même pouvoir donner la localisation exacte de cette motte, les fossés qui l’entourraient ayant été conservés, au moins jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Sur la carte militaire de 1882, on distingue encore parfaitement, au sud de la bassecourt, l’ovale formé par les anciennes douves dont il subsiste une bonne moitié du tracé. La motte devait se trouver en son centre. A ne pas confondre avec le site du château du XVIIIe siècle situé sur un vaste terre-plein entouré d’eau.

Le château des Albums de Croy

On peu supposer que, comme c’était souvent le cas, la première construction qui occupa la motte était en bois. Elle fut vraisemblablement remplacée par la suite par une construction en pierre. La vue des Album de Croy consacrée à Mussain nous montre un édifice castral important, bâti entièrement en pierre. L’allure du bâtiment suggère que l’édifice n’était pas de construction récente.[26] Au contraire, la tour située à l’extrémité (sud ?) de l’édifice présente toutes les caractéristiques des tours seigneuriales du XIIIe ou du XIVe siècle.[27]

Nul doute que la demeure qui est représentée sur cette vue était déjà celle qui existait un siècle plus tôt, à l’époque de la description de l’ensemble en 1506.

Voici la description architecturale qu’en donne G. Bavay :[28]

« La vue montre surtout un château en pierre. Celui-ci se compose de divers bâtiments parmi lesquels il est bien difficile de reconnaître un certain ordre et ce d’autant plus que les bases de la bâtisse sont masquées par une végétation relativement dense.

La tour située vers la gauche est manifestement le donjon. Les murs de celui-ci sont percés à mi-hauteur de deux larges baies sous arc cintré. Des ouvertures plus petites et jumelées apparaissent juste sous le niveau de la corniche. L’édifice est sommé d’une haute toiture dans laquelle a été aménagée une logette destinée à un guetteur.

Quelles sont les fonctions des quatres autres bâtiments ? Ils ne semblent pas cantonner une cour. L’aile qui touche au donjon semble se situer au second plan et rencontre perpendiculairement une construction légèrement plus haute. Les deux derniers bâtiments, dotés de cheminées, sont peut-être plus spécialement réservé à l’habitat. »

Jusqu’à qand ce château médiéval subsista-t-il ? Peut-être jusqu’au XVIIIe siècle, époque de la construction d’un nouveau château, mais il est bien difficile de l’affirmer avec certitude.

Le château néo-classique du XVIIIe siècle

Le site primitif de la motte et du château médiéval fut vraisemblablement abandonné assez tard, dans le courant du XVIIIe siècle. Devenu sans doute trop vieux et répondant de plus en plus mal aux besoins de ses occupants, la vieille forteresse a malheureusement été abattue. Les seigneurs du lieu firent alors bâtir un nouveau château, de style néo-classsique, exclusivement résidentiel. Pour ce faire, ils choisirent un nouvel emplacement.

La bassecour occupe toujours son emplacement d’origine. Alors que nous situons le site de la motte primitive au sud de la ferme, le nouveau château est implanté à l’ouest de cette dernière, comme l’indique très bien les cartes des XVIIIe et XIXe siècles, sur un vaste terre-plein entourré d’eau probablement contemporain du nouvel édifice.

La carte de Ferraris présente déjà une construction à cet endroit et l’on ne distingue plus rien à l’emplacement de l’ancienne motte.

Par contre, les deux cartes publiées par le chevalier de Beaurain[29] pour reconstituer la bataille de Steenkerque présentent visiblement les deux édifices : l’ancien et le nouveau château.

Il importe ici de faire remarquer que le fond de ces cartes ne remonte pas à la fin du XVIIe siècle comme les titres pourraient le faire penser.[30] En effet, pour illustrer les mouvements des troupes, le chevalier de Beaurain utilisa les archives militaires et eut en communication des recueils de cartes manuscrites dressées à l’époque (fin du XVIIe siècle) par les ingénieurs géographes. Ce sont les cartes dites de Pennier. Les gravures qu’il fit réaliser pour son ouvrage les restituent très fidèlement. Toutefois, pour illustrer la célèbre bataille de Steenkerque, il préféra au tracé assez simpliste de Pennier, un autre fond de carte, tout récent et de bien meilleure qualité, sur lequel il reporta lui-même les opérations militaires. La carte utilisée venait d’être levée, de 1745 à 1748, par les géographes français, en collaboration avec l’astronome Cassini de Thury. Le relief, le réseau hydrographique, les voies de communication, l’habitat, la distribution des bois, la toponymie, tous les éléments figurés sur cette carte restituent avec précision l’état de la région au milieu du XVIIIe siècle et non en 1692.[31]

On peut donc vraisemblablement avancer que le château primitif ne fut rasé qu’après 1745-1748 et, en tous cas, avant 1771-1778. De même, on peut penser que le nouveau château venait d’être construit – ou était en construction ? – à l’époque où les français levèrent la carte utilisée par le chevalier de Beaurain.

Le château néo-classique n’existe plus de nos jours. Il fut, lui-aussi, abattu. Nous n’avons pas pu retrouver la date de sa disparition, mais ce doit être après 1950 car, à cette date, G.P. Speeckaert, qui habitait au château, n’en souffle mot dans la brochure qu’il consacra à l’histoire du village.

On dispose heureusement de quelques cartes postales anciennes qui donnent une petite idée de l’allure de cette bâtisse. Il faut également mentionner ici la description, peu flateuse il est vrai, donnée par Vasseur dans son Album illustré des châteaux.[32]

« Le château de Saintes, à Madame la baronne de Musin, n’offre par lui-même rien de très remarquable ; ce qui en fait le charme, c’est son beau par cet les riches et importantes constructions qu’on y rencontre. Toutes les fabriques, les ponts, les pavillons etc. que l’on trouve toujours dans les parcs, sont ici autant d’œuvres d’art. Le vaste potager est entouré d’une colonnade reliée par une grille du plus beau dessin et de la plus parfaite exécution. La chapelle du château est remarquable par la beauté et la richesse de ses ornements et de ses peintures. »

« Wisbecq est un hameau du village de Saintes, autour duquel on voit quelques belles propriétés, entre autres celles de Madame la baronne de Mussain, fort remarquable par son beau parc qui longe la ligne du chemin de fer de Hal à Enghien.

Si le château de Saintes laisse à désirer sous le rapport architectural, il n’en est pas de même des dépendances et il se trouve dans le parc des ponts et une clôture de potager qui sont de vrais œuvres d’art. »

Le château ne fut jamais reconstruit. Par contre, les dépendances de l’ancienne bassecour furent aménagées en habitation. L’ensemble a d’ailleurs toujours fière allure.[33]

Les dernières années du domaine ont été plutôt tristes. Ce qui restait de ce beau domaine a, en effet, failli disparaître définitivement sous les coups avides d’un propriétaire peu respectueux et davantage soucieux de monnayer le patrimoine que de le préserver. La grille monumentale qui donnait accès au domaine a été frauduleusement vendue.[34] Les ponts et autres balustrades qui enjolivaient le parc ont subi le même sort.

Aujourd’hui, le domaine est occupé par un éleveur de chevaux de race espagnole.

ANNEXES :

1466 :[35]

Saintes et Wisebecq

Messire Pinckart de Herimels, homs … [blanc] de Haynn(au) dun fief que messire Willame de Herimelz, en tamps passet, acquesta a Fastrer de Caucherame, nommé le fief de Mussain. Se gist es pieces qui senssuivent, cest assavoir le terre de Mussain, contenant lvj bonniers de terre ahannable. Item iiij bonniers de pret. Item xvj bonniers de bois gisant dales le contaluet. Auquel fief appertient pluiseurs rentes si comme xv muis ij rasieres davaine et xiiij s. de blans, lxxviij cappons. Item xij auwes. Item une ghelme. Item xxviij pains de viij en le rasiere dont les iij … do … fourmet et … soile. Item xj librez de blans de cens a le St Jehan que pluiseurs personnes doivent chacun an sour pluiseurs heritaiges gisant tant en le paroche de Saintes comme laentours, duquel fief apertient encore xxxiij bonniers de terre desquelx il a le teraige a le ve garbe. Item pluiseurs homaiges et fiefs qui se deppendent et deschendent de ce fief, avoecq le haulte justice, moyenne et basse. De tous lesquelx heritaiges et fiefs devant dits il a et doit avoir les congés, entrees, yssues et services quand il se transmuent de main en autre par vendaige u autrement.

1506 :[36]

Sainctes et Wisebecq

Jacques de Gavre, siegneur de Frezin, Ollegnien, Mussain, etc. tient ung fief ample qui se comprent en la terre et seignourie de Mussain, sauf et reserve que la maison, motte, fossez, eauwes, bassecourt et pourpis dudit Mussain et environ vj bonnier ung journel diretaige laenthour est francq alloet. Se comprendant aussi icelui fief en ciii s. xi d. blanz fors de cens et rentes, en xlviij chapons a compter ij pouilles pour ung chapons et ij auwes et ix … davaine de rentes, et en terres labourables, prez, pasturaiges et bois, environ liij journels xlvij verghes. Item apertient encors audit fief xxxiij bonniers de terre desquelz il a le terraige a le v garbe. Item apertient audit fief pluiseurs fiefz et hommaiges mouvant et deppendant de ladite terre et seignourie de Mussain, avecq le haulte justice, moyenne et basse, desquelz heritaiges et fiefz devantdits.

1548 :[37]

Extrait de cartulaire des fiefs mouvans et dépendans de la Cour féodale d’Enghien, renouvellé en l’année mil cincq cens quarante huit et quarante noef et parachevé es années mil cinq cens et soixante six où se trouve sous la cotte 13 ce que s’ensuit :

Saintes et Wisbecq.

Charles de Gavre, écuyer, au lieu de Messire de Gavre, chevalier, fils de feu messire Jacques de Gavre, à son vivant chevalier de l’Ordre de l’Empereur, de notre sire, son père, seigneur de Frésin, retient un fief nommé le fief de Mussain contenant cincquante six bonniers de terres ahannables, item quattre bonniers de prés, item seize bonniers de bois gisant dalez le Contaluet[38], auquel fief appartient plusieurs rentes si comme quinze muids deux razières d’avoine, 114 sols blans, 78 chappons, item douze ainbes, item un ghelinne ( ?), item vingt-huit pains de huit en la razière dont ces trois quartiers doivent estre à froment et l’autre quartier soille ( ?), item quinze livres de blancs de cens à la Saint-Jean que plusieurs personnes doivent chacun sur plusieurs héritages gisants tant à la paroisse de Saincte comme la enthours, auquel fief appartient encore trente trois bonniers de terres desquelles il a le terraige à la cincquième iarbe, item plusieurs homaiges et fiefs qui en dépendent et descendent de ce fief, avecq la haute justice, moyenne et basse justice, de tus lesquelles héritaiges et fiefs devant dits il a et doit avoir les congées, entrées et issues, et servies quant ils se transmmuent de main à autre par vendaige ou autrement.

Cet extrait a esté thiré hors le cartulaire des fiefs mouvans et dépendans de la seigneurie d’Enghien au fol. 13 et trouvé concordet à iceluy de mot à autre, ce 14 7bre 1673 par le soussigné greffier Hinsmans.

1752/1753 :[39]

[en marge : ] 231

Dénombrement que fait Jean Joseph Monthirion, bailli et receveur des biens de Messire Charles Hyacinthe Joseph Vander Haeghen, ecuyer, seigneur de Mussain, etc., capitaine au service de Sa Majesté impératrice la reine de Hongrie, etc. etc., en satisfaction de ce qui a été enjoint par acte de relief fait le 23 février 1748 a la cour féodale d’Enghien, de même que pour satisfaire l’ordonnance de Saditte Majesté du 22 juin 1752.

Le soussigné en laditte qualité declare que sondit constituant est heritier et possesseur d’un fief ample, tenu en foy et hommage de S.A.S. le duc d’Arenberg, etc., a cause de sa terre et seigneurie d’Enghien.

Consistant en cinquante huit bonniers de terre labourable, quatre bonniers de pretz et six journels de bois, vers le contalieu sous Bierghes, auquel fief appertiennent plusieurs cens et rentes seigneuriales, sicomme quinze muids deux rasieres d’avoine, cent quatorze sols blanc, septante huit chapons, deux oyes, trois pouilles, vingt huit pains de huit en la rasiere dont les trois quarts doivent etre du froment et l’autre quart de soil, Item quinze livres blanc de cens au St Jean Baptiste que plusieurs personnes doivent sur leurs heritages ci-après declarés, avec leurs abouts et tenances modernes.

Quant au droit de terrage qui a toujours été énoncé dans les actes des reliefs et denombremens anterieurs, consistant en trente huit bonniers a la 5e jarbe, d’autant qu’a ce sujet et decouvrement dudit droit de terrage, a été fait toute la perquisition necessaire, et n’aiant rien pu decouvrir, porte icy par memoire.

Plusieurs hommages et fiefs qui en dependent, de tous lesques heritages il a entrée, issue et service quand ils se transmuent de main a autre a l’advenant du cinquième pour les fiefs, et du 8e pour les autres biens.

Aians tous haute, moyenne et basse justice, étant laditte seigneurie dans la paroisse de Saintes, aiant de tous tems établi bailli, mayeur et echevins, laquelle seigneurie est independante de celle de Saintes, pour les XXes, feux et cheminées, tailles et autres, faisant masarderie separée avec ceux dudit Saintes.

Declaration des parties des biens fond, avec leurs tenances et abouts modernes comme sensuit

  1. Une piece de terre labourable contenant quatre bonniers, tenant de deux cotés au francq aloiet dudit Mussain, a Antoine de Pauw, a Mathias Yernault, aux terres d’Herbecq, la haye separant ladite terre y appertenante, et a Charles Couquenbecke.
  2. Item un bonnier de pretz, nommé le Stanbrugge, tenant aux terres de Mussain, aux terres d’Herbecq, aux hoirs Timmermans, au Sieur Triboulet, et audit Herbecq.
  3. Item quatre bonniers, tenant a lavantdit pretz et aux terres d’Herbecq de trois cotés.
  4. Item un demi bonnier de terre labourable, tenant aux terres d’Herbecke de trois cotés, et aux hoirs Timmermans.
  5. Item six journels de pretz, nommés le Volenvaux, tenant aux terres d’Herbecq de deux cotés, et a celles de Mussain aussi de deux cotés.
  6. Item cinq journels de terre labourables, tenant aux terres d’Herbeke de trois cotés et aux terres de Mussain.
  7. Item onze journels, tenant aux terres d’Herbeck et aux biens de Mussain.
  8. Item neuf journels, tenant aux terres d’Herbeck de trois cotés et au Sieur de Fraye.
  9. Item quatre bonniers de terre labourables et un journel de pretz, tenant au chemin du seigneur, au Sieur Triboulet, a N. Walravens, au pretz d’Herbeck, et aux hoirs Timmermans.
  10. Item un bonnier, nommé le bonnier au sable, tenant au Sieur Triboulet, aux heritiers de Mr Milot et Guillaume de Coster, le grand chemin y passant au milieu.
  11. Item trois journels, tenant au bois de Stihoux, aux hoirs Timmermans, au Sieur Bertrand d’Hal, a Pierre Roussielle, a Josse van Bellinghen, et a Josse Walravens.
  12. Item trois bonniers sur le champ du Moulin, tenant de deux cotés a la cense de la Vallée, et aussi de deux cotés aux terres d’Herbeke.
  13. Item cinq journels de terre, tenant de trois cotés aux terres de l’église de Saintes.
  14. Item cinq journels de terre, tenant au bien de l’église de Saintes, au Sieur Walkiers, et au chemin qui conduit du Moulin a la cense du baron Warluzel.
  15. Item cinq journel, tenant audit chemin, aux terres d’Herrebeck, au Sieur Walquiers, aux biens de l’église de Saintes, aux biens de la chapellerie d’Hoves, et aux terres du baron de Warluzel.
  16. Item cinq journels, tenant aux biens de l’église de Saintes, au chemin du Seigneur, audit baron de Warluzel de deux cotés, aux terres d’Herbeck, et audit Mussain.
  17. Item sur le meme champ du Moulin six journels, tenant aux biens dudit baron de Warluzel, de deux cotés aux terres d’Herrebeck, et audit Mussain.

Champ de Ham

  1. Item un bonnier, tenant aux terres dudit baron de Warluzet, a Jean Provins, et aux terres de Ham de deux cotés.
  2. Item neuf journels, tenant aux terres de Ham de trois cotés et au bien Jean Provins.
  3. Item un bonnier, tenant au bien dudit Jean Provins, et aux terres de Ham de trois cotés.
  4. Item cinq journels tenant de deux cotés aux terres de Ham, a Denis Bascour, et a la rue du Seigneur.
  5. Item trois bonniers tenant aux terres de Ham, au chemin du Seigneur, et aux biens du baron de Waruzel de deux cotés.
  6. Item cinq bonniers sur ledit champ de Ham, tenant au chemin du seigneur, audit baron de Waruzel de deux cotés, aux reverends P. Carmes de deux cotés, a la rue du seigneur, aux biens de François Le febvre, audit baron de Waruzel de deux cotés, et aux terres de Ham.
  7. Item six journels, nommé le closin a la Banque, tenant a la rue du Seigneur de deux cotés, et aux héritages des hoirs N. Clement, au pretz suivant de Mussain, aux terres d’Herrebeck et aux biens du duc d’Arenberg.
  8. Item neuf journels y compris un demy bonnier de pretz, tenant au bien des hoirs Clement, a la rue du Seigneur, audit baron de Warluzel, et aux terres d’Herrebeck.
  9. Item trois journels, nommé le closin a la Garde, tenant aux terres de Mussain, a Nicolas Clement, aux demoiselles du Bus, au baron de Warluzel, et a Jean Provins.
  10. Item trois bonniers tenant a la rue du Seigneur, au baron de Warluzel, a Jean Provins de deux cotés, au Sieur Bruneau, aux R.P. Carmes d’Enghien, aux biens de Mussain, et audit Warluzel.
  11. Item six journels, tenant a Robert de Reaux, aux biens de Ham, au petit aulnois suivant et au bien de Jean Provins.
  12. Item un journel d’aulnois, tenant aux biens de Mussain, aux biens de Ham de deux cotés, et a Jean Provins.
  13. Item neuf journels de terre labourable, nommés La Payelle, tenant au baron de Warluzel, a Jean Provins, au sieur Bruneau, audit Jean Provins, et aux biens de Mussain.
  14. Item un bonnier de pretz, nommé La Payelle, tenant audit baron de Waruzel de deux cotés, a Jean Provins de deux cotés, et aux biens d’Herrebeck.
  15. Item trois journels de terre labourable, tenant a l’heritage de Jean Provins, aux hoirs de N. Francés, a la veuve Mousty, audit Jean Provins et a Denis Bascour.
  16. Item un closin contenant trois journels sur la couture du Long Boully, tenant aux terres de Ham, de deux cotés a Denis Bascour, et au fief Godeloof.
  17. Item demy … [blanc], tenant aux terres d’Ham de deux cotés, a la rue du Seigneur, et a Adrien Covens.
  18. Item trois journels, tenant de deux cotés aux terres de Ham, a Denis Bascour, et a la rue du Seigneur.

Quant aux heritages et terres soumis aux cens et droits seigneuriaux, l’on fait devoir de les énoncer articulatim de mot a autre conformement au cartulaire de laditte seigneurie renouvellé le 27e 8bre 1752.

Primo

  1. Monsieur Walkiers doit sur une maison et heritage, gisans devant le cimetiere de Saintes, contenant un journel ou environ, tenant a la rue de deux cotés, vis a vis le pilory de Mussain, tenant aux biens du seigneur de Saintes et a lui même, chacun an au jour du Noel, onze sols deux deniers et trois chapons.
  2. Ledit Sieur Walckiers doit sur un demi bonnier de terre labourable, gisant en la couture du Blanc Bacq, tenant au Brabant, au Sieur Bertrant de deux cotés, et aux heritiers Gille Stevens, chacun an au jour du Noël, sept razieres d’aveine et trois quartiers.
  3. Jean Baptiste Surlereaux doit sur un bonnier de terre labourable, où ci devant il y a eu quatre maisons baties dessus, tenant au chemin de deux cotés, aux terres de Mussain, et a la cense d’Herrebeck, chacun an au jour du Noël cinq chapons et demy et soixante deux sols tournois en argent.
  4. Ledit Surlereaux sur sa maison et jardin, contenant un journel ou environ, tenant a la rue du seigneur, a lui même de deux cotés, et au Sieur Bertrand, doit chacun an au Noël vingt deux sols deux deniers, deux chapons et demy et une demie pouille.
  5. André Yernaut doit sur sa maison et heritage, gisant devant la cimetiere et eglise de Saintes, contenant un journel ou environ, nommé la Funcquette, tenant de deux cotés a la rue du Seigneur, et de deux autres cotés a une ruelle, doit au Noël quinze deniers et un chapon francq.
  6. Les hertiers Jean Piedman doivent sur une maison et heritage, gisant audit Mussain, contenant trois journels, tenant a la rue de l’Epine allant a Saintes, au fief de Jean Baptiste Surlereaux, et audit Mussain, chacun an au jour du Noël quarante sols tournois et quatre chapons et demy.
  7. Les heritiers Guillaume Clement doivent sur une maison et jardin contenant un journel ou environ, tenant au chemin allant de l’Epine a Herrebeck, au bien dudit Mussain, et audits heritiers, chacun an au jour du Noël douze sols tournois.
  8. Charles Couquenbeke, sur un journel et demy de terre ou environ, gisant en la couture de l’Epine, tenant aux terres d’Herrebecq, doit au jour du Noël vingt deux sols deux deniers et deux chapons.
  9. Le Sieur Pierre Joseph Bertrand d’Hal, sur demy bonnier de terre labourable, gisant en la couture du Blanc Bucq, tenant au Brabant, aux heritiers Gilles Stevens et a lui même, doit chacun an au jour du Noël deux razieres d’avoine.
  10. Ledit Sieur Bertrand, sur demy bonnier de terre labourable, gisant au Blanc Bucq, tenant au Brabant et a lui même de trois cotés, doit deux razieres et un quartier d’avoine.
  11. Guillaume Clement doit sur un paturage et aulnois, contenant trois journels, gisant a Happe, tenant au chemin allant de Collau a Haute-Croix, au bien de St Sebastien d’Enghien, a Adrien Claes, et a Henry de Groote, chacun an au Noël cinq razieres d’avoines.
  12. Les hoirs Guillaume du Quesne doivent sur une maison et brasserie contenant un bonnier de pature ou environ, tenant de deux cotés au chemin allant d’Enghien a Hal, au jour de Noël deux sols.
  13. Robert de Reaux doit sur cinq journels de pretz et terre labourable, gisant en la paroisse de Bierghes, tenant au planty du seigneur de Bierghes, au chemin d’Enghien a Hal, au rieu venant d’Ham a Bierghes, et audit Mussain, quatre livres six sols tournois.
  14. Pierre Joseph Robart et Julien Blondeau doivent sur demy bonnier de terre labourable, gisant en la couture de Clemont, paroisse de Steenkerke, tenant aux terres de la seigneurie del Port, et a Collin Resteau, chacun an dix sept sols tournois.
  15. Les hoirs Guillaume Luyckx doivent sur un heritage gisant a Herffelinge, appellé Scheebecq, tenant de trois cotés aux heritages desdits hoirs, et a la rue du Seigneur, chacun an au Noël huit sols et un chapon.
  16. Les hoirs Jean Rousseau, doivent sur une piece de terre gisant a Hoves, en la couture du Meybrock, contenant un demy bonnier et quarante verges, tenant au chemin allant d’Enghien a l’Espesse, aux biens de l’hopital de Rebecq, chacun an au jour du Noël six deniers.
  17. La dame d’Acre, auparavant Mr Vande Ville et Virlaincx, doit sur une maison et heritage, contenant au bonnier, gisant a Kehain, tenant de deux cotés au bien dudit Mussain, a la rue allant de l’Epine a Saintes et a une ruelle illec, au jour du Noël soixante quatre sols, six deniers et cinq chapons et demy.
  18. Laditte dame d’Acre, venant de feu Mr Vande Ville et Virlainx, auparavant Adrien Gasmeter, doit sur un demy bonnier de courtil et heritage, tenant de deux cotés aux heritages dudit Mussain et a ladite dame, a la rue allant de Panneau a Saintes, et au fief dudit Surlereaux, chacun an au jour du Noël vingt huit sols huit deniers deux chapons une poule et demie.
  19. Laditte dame d’Acre, venant de Mr Vandeville et Vierlainx, sur heritages qui fut jadis a Mr de ham, gisant a Kehain, contenant six journels ou environ de pature applanté, pretz et terres labourables, tenant au chemin qui conduit du moulin au vent de Saintes audit Kehain, aux heritages d’Ham, a laditte dame, et au rieu, chacun an au Noël quatre livres, seize sols et huit chapons.
  20. Laditte dame d’Acre, venant comme devant, auparavant du Sieur du Trieu et Jean de Coster, doit sur un journel de terre labourable, gisant en la couture des Planches, tenant aux terres de Mussain de deux cotés, ou il y a une pied sente, au fief de Jean Baptiste Surlereaux et a laditte dame, chacun an au jour du Noël dix sols tournoy et un demy chapon.
  21. Laditte dame d’Acre, venant comme devant, auparavant Jean Gasmeter et Huwart, doit sur un lieu appellé la Mottelette, contenant demi journel ou environ, tenant au chemin allant de Kahain a la Hayette, a laditte dame, au rieu, et au fief de Jean Baptiste Surlereaux de deux cotés, doit chacun an audit jour du Noël deux chapons.
  22. Finalement, laditte dame d’Acre, venant comme devant, doit encore sur un journel de pature, venant de Nicolas Hulain, nommé le courtil Margo, tenant aux heritages de laditte dame de deux cotés, aux biens de Ham, et aux hoirs Antoine de Houx, chacun an au jour du Noël deux sols tournois.
  23. Matthias Yernault, auparavant Jacques l’Aneau et Pierre Cornet, doit sur un heritage et courtil contenant un journel et demi ou environ qu’on dit le Hongroy, tenant a la rue du Seigneur, au Sieur Walkiers, aux hoirs N. Clement, et au Sieur Martenat a tittre de demoiselle du Rondeau, sa femme, chacun an au jour du Noël vingt neuf sols tournois et un chapon.
  24. Ledit Yernault, cidevant Jaques L’Anneau, auparavant les hoirs Robert del Porte, doit sur une maison et heritage contenant un journel et demy ou environ, tenant aux heritages dudit Mussain, a la rue du seigneur, a Antoine de Pauw, et a Herrebeck, chacun an au jour du Noël six razieres d’avoine et un chapon.
  25. Charles de Pauw, auparavant Jean Luyckx, venant de François Huwart, doit annuellement sur demy bonnier de terre labourable ou environ, tenant a la rue allant du Casteau au vivier d’Herrebeck, aux heritages dudit Herbecq de deux cotés, et au Sieur Walkiers, audit jour du Noël dix sols, un chapon et une oye.
  26. Ledit Charles de Pauw, auparavant Jean Luyckx, venant des hoirs Adrien Storme, doit sur un demy journel de terre labourable appellé le Storme, tenant au chemin allant du vivier d’Herbecq au pretz Casteau, aux terres d’Herrebeck et a lui même, chacun an au jour du Noël dix neuf sols et un chapon.
  27. Antoine de Pauw, censier de Mussain, auparavant Mr le vicomte de Rouvoir, ou le Sieur Philippe Soivery, doit sur une maison et heritage, nommé la Vallée, contenant deux journels ou environ, tenant aux heritages de Mussain de tous cotés, au chemin qui va de Saintes au bois de Stihoux, chacun an au jour du Noël trente deux sols, un chapon et une pouille.
  28. Ledit Antoine de Pauw, auparavant la dame de Saintes, venant de Philippe Roland, doit sur une masure contenant un journel et demy ou environ, a present pature applantée d’arbres fruitiers, tenant au chemin allant de Saintes au bois de Stihoux, aux terres de Mussain, de deux cotés a lui même, chacun an au jour du Noël treize sols dix deniers deux chapons et quatre razieres d’avoine.
  29. Ledit Antoine de Pauw, auparavant la dame de Saintes et Jean du Bois, doit sur un journel et demy de jardin ou environ ou soloit avoir maison dessus, gisant en la rue d’Herrebecq, tenant aux biens dudit Mussain de deux cotés, a lui même, chacun an au jour du Noël trente sept sols tournois trois chapons et deux razieres d’avoine.
  30. Les hoirs Cléophas Wasteau, au lieu de Daneau Lereau, venant de la veuve Jean Crouwe, sur une maison, étable, courtil et fournil, contenant quinze verges ou environ, tenant a la rue du Seigneur, a une ruelle, et au fief de Daneau de Lezanne, doit chacun an audit jour du Noël dix sols tournois et un demy chapon.
  31. Les hoirs Jonas de Champs, auparavant Nicolas Hulain, doivent sur un heritage contenant douze verges, vis a vis la partie précendente, tenant au chemin, a l’heritage de Mussain et a Herrebeck, chacun an au jour du Noël une oye.
  32. Les hoirs Paulmans, auparavant Huwart Raguet, lesquels doivent sur un journel de terre en dessous Mussain, en la couture de l’Epine, chacun an au jour du Noël treize sols un denier un chapon et demy.
  33. Le Sieur Pierre Joseph Bertrand d’Hal, auparavant le Sieur Kesterman, ci devant Paulmans, doit sur un journel et quize verges de terre tenant audit Mussain, a la rue du Seigneur, aux heritiers Jean Piedman, chacun au jour du Noël vingt deux sols, deux deniers, un chapon et demy.
  34. Robert de Reaux, auparavant Martin Chaudron en vertu d’arrentement dudit seigneur de Mussain a lui faite d’un tierchon d’un bonnier tenu de ladite seigneurie où a present il y a une maison dessus, tenant a la rue du seigneur, doit annuellement un vasseau d’avoine et un chapon.
  35. Pierre Friart, par decret, auparavant Pierre Cornet, doit sur demy journel de pretz, venant des hoirs Storme, tenant aux heritages dudit Mussain et d’Herrebeck, a la fontaine du Bourdeau, et au rieu, dix sols, deux deniers, par decret demeuré au seigneur de Mussain le 14e febvrier 1696.
  36. Monsieur de Mussain, auparavant Jean Wasteau, sur un courtil et pature, ci devant amaisonné, contenant deux journels ou environ, audit Mussain, tenant a la rue allant de Saintes au bois de Stihoux, aux heritages de la Vallée, et audit Mussain de deux cotés, doit audit jour du Noël deux muids d’avoines et quatre chapons, mais l’an 1669 ledit courtil et pature sont passés, faute de paiement de ladite rente, par decret, sont demeurés au seigneur dudit Mussain, par ainsi mémoire.
  37. Josse Abeel, auparavant Jean Smet, doit sur un journel ou environ de terre labourable, gisant au lieu qu’on dit l’Epine, en la couture du Long Boully, tenant a la rue allant de l’Epine au bois d’Ham, aux biens de la cense de Catthem, a Denis Bassecour, et aux biens de la cense d’Ham, chacun an au jour du Noël quatorze livres en argent, un quartier d’avoine et un chapon, par decret demeuré au seigneur de Mussain le 24e febvrier 1698.
  38. André du Bois, en vertu d’un changement fait avec Monsieur de Mussain, d’un demy bonnier de terre, gisant a Bierghes, dans la couture del Garre, doit sur un heritage avec maison dessus, en grandeur d’un journel et demy de jardinage ou environ, tenant a la rue du Seigneur, a une ruelle, et audit Mussain des autres cotés, pris hors une plus grande place, chacun an au jour du Noël une rasiere d’avoine, quatre chapons, laditte pièce est presentement dans le gros de la cense de Mussain partant mémoire.

Item fait encore devoir de donner le dénombrement de tous les fiefs qui sont tenus, mouvans, et relevant de la cour féodale dudit Mussain, lesquels sont comme s’ensuit.

  1. Monsieur le comte de Kievrain, tient de laditte seigneurie un fief liege gisant a Haut-Croix, consistant en vingt sept bonniers de bois, nommé le bois d’Herrebeck, tenant au Wauter-Bois, au bois de l’abbaye St Cornille de Ninove, au bois du Cloitre de Wauthier Braine, au bois des R.P. Chartreux d’Herinnes, et au petit pretz de la Confrerie Notre Dame érigée en l’église paroissiale d’Enghien.
  2. Monsieur le doyen et confreres de la Confrerie de Notre-Dame, érigée en l’église paroissiale d’Enghien, tiennent d’icelle cour féodale un fief ample consistant en quarante verges de pretz, gisant a Haut-Croix, tenant au chemin allant d’Haut-Croix au bois d’Herrebeck, a la demoiselle Laurent, au bois d’Herrebeck, et aux autres biens de la Confrerie.
  3. Monsieur le baron de Molembaix tient d’icelle seigneurie un fief ample contenant cinq journels de terre labourable, gisant a Bierghes, sur le Petit Champ, tenant a la rue du Seigneur allant d’Enghien a Hal, au fief de Straetmans, et de deux cotés aux biens de la cense de Bossart.
  4. Monsieur de Farifeau, demeurant a Bruxelles, tient d’icelle cour un fief ample contenant trois journels de terre labourable audit Bierghes, sur la couture du Fresne, tenant aux biens de la cense de Lionnes, a Jacques Roussielle et a Guillaume Clement.
  5. Monsieur Henry Joseph Sebastien Husmans, demeurant a Bruxelles, tient d’icelle seigneurie un fief ample consistant en cinq journels en deux pièces, en la couture du Frasne, sicome trois journels tenant de deux cotés aux biens de la cense de Bossart, et au demy bonnier de pretz suivant, a l’autre contenant demy bonnier de pretz, tenant au rieu qui coule d’Hannecroix a Ham, a Henry van Collaert, et aux trois journels cidevant.
  6. Monsieur le baron de Bierghes tient d’icelle seigneurie trois fiefs amples a lui devolu par le trépas de Messire son père, le 1er contenant un bonnier et trente verges de terre labourable sur la couture du Frasne audit Bierghes, tenant au fief François Clement, a Henry van Collaert et aux fief Philippe Clement.
  7. Le second consistant en trois journels ou environ de courtil, gisant dans le courtil de la maison du Pont a Wisbecq, tenant de tous cotés aux terres dudit baron sur lesquels trois journels presentement est batie la grange et une partie de la Basse-Cour dudit baron, Item doit ladite partie deux pains de huit en la raziere dont trois quarts doivent etre de froment et lautre quart de seigle.
  8. La 3e partie consiste en un fief ample contenant trois journels de terre labourable en deux pieces, sur la couture du Foucart, l’un contenant demy bonnier, tenant au bien de la chapellerie d’Hoves, et aux terres dudit Lionnes, et lautre piece contenant un journel, tenant audit bien d’Hoves, et aux neuf journels de Lionnes.
  9. Item, ledit baron de Bierghes tient encore d’icelle cour feodale trois autres fiefs amples, a lui demeuré par recours publique tenu le 13e du mois de janvier 1750, le 1er conprennant en deux pieces, sicome onze journels, dix verges de bois audit Bierghes, tenant au bois de Strihoux, au bois du seigneur de Mussain, et au bois dudit baron de Bierghes. Item un bonnier et demy journel de terre labourable, gisant sur le Grand Foucart, tenant de deux cotés aux terres de Lionnes, aux biens de la chapellerie d’Hoves et aux heritiers de Nicolas de Houx.
  10. Le second fief consistant en trois journels de terre labourable, sur la couture du Grand Foucart, tenant au courtil, tours et biens de Clement Fiefvetz, aux biens de la cure de Bierghes, aux pauvres dudit Bierghes, et aux biens de Lionnes.
  11. Finalement un fief ample contenant un journel de bois, tenant au bois et pretz dudit baron de Bierghes de deux cotés, et au bois du seigneur de Mussain des deux autres cotés.
  12. La demoiselle Marie Jeanne Schockart tient d’icelle cour un fief ample a elle demeuré par recours publique tenu le 13e de l’an 1750, contenant un bonnier de terre labourable, gisant audit Bierghes en la couture du Contalieu, tenant de deux cotés aux heritages dudit seigneur de Bierghes, aux pauvres dudit lieu et aux biens du Contalieu.
  13. Lambert Maes, demeurant a Louvain, tient d’icelle seigneurie deux fiefs amples, a lui demeurés par recours comme devant, le 1er contenant un bonnier et demy journel de terre labourable audit Bierghes, tenant au Castillon, a la rue du Seigneur qui va dudit Castillon a Hoqueteau, au bien de la chapellerie d’Hoves et au fief suivant.
  14. Le second se comprennant en trois journels de terre labourable, acquit comme dit est, tenant au fief cidevant, a la rue du Castillon a Hocqueteau, et de deux cotés aux terres de Lionnes, lesquels deux fiefs ne font qu’une piece ensemble, contenant sept journels et demy francq de dime.
  15. Dominique de Brou, censier du Contalieu, tient d’icelle cour un fief ample a lui demeuré par recours en l’an 1750, consitant en un tierchon de bonnier audit Bierghes, en bas le Contalieu, tenant aux biens de la cense de Lionnes, au pretz du Contalieu, et aux biens du Sieur Colmon.
  16. Le Sieur Jean Baptiste Luyckx, bailly de Ham, tient d’icelle seigneurie un fief ample a lui devolu par le trepas du Sieur Charles Luyckx, chanoine de Leuse, consistant en un demy bonnier de closin, les hayes y appertenantes, nommé vulgairment le closin du Hocqueteau, tenant a la rue du Hocqueteau, a Jacques del Court, et aux sept journels de Lionnes.
  17. Henry van Collaert tient d’icelle cour deux fief amples, audit Bierghes, au lieu qu’on dit Hannecroix, le 1er contenant un journel et demy de pretz et pature, tenant au rieu menant de Lionnes a Ham, au pretz du sieur Husmans (aussi fief de Mussain), a lui même, au fief de Bossart.
  18. Le second contenant aussi un journel et demy de pretz illec, vis a vis le fief cidevant, tenant la la fontaine au Bucq, a Martin Fiche, au rieu allant de Lionnes a Ham et au pretz dudit van Collaert de deux cotés.

Lequel fief lui est devolu par le trépas de Messire François Hyacinthe vander Haeghen, son feu père, arrivé en l’an 1747, declarant icelui vaillable chacun an mil deux cens livres sauf le plus ou le moins.

[d’une autre main]

Fait a Enghien, ce 24 8bre 1753

[signé : ] J Honthiron

Recu ledit denombrement sous protestation le 24 8bre 1753


[1] Sur cette seigneurie, voir notre mémoire de licence : L. DELPORTE, Traits du régime seigneurial dans l’ancien comté de Hainaut : la seigneurie haute-justicière de Saintes à la fin de l’Ancien Régime, Mémoire de licence inédit, UCL, 1990. Il s’agit du domaine foncier de l’abbaye de Lobbes, propriétaire initial du village, sur lequel le seigneur de Saintes, au départ avoué de l’abbaye, étendit sa haute justice, domaine ecclésiastique donc auquel il faut ajouter le domaine foncier propre de l’avoué.

[2] Il s’agit des seigneuries de Mussain (fief d’Enghien), de Pont-à-Wisbecq (fief d’Enghien), de Herbecq (possession de l’abbaye de Ninove), de Ramelot (fief de la Neuve-Rue à Nivelles).

[3] G. P. SPEECKAERT, Saintes en Brabant. Ses origines et son histoire (680-1914), Saintes, 1950, p. 14-17. Cet auteur préparait un livre plus conséquent sur l’histoire du village de Saintes, livre qu’il n’acheva jamais. Le manscrit inachevé de cet ouvrage intitulé « Histoire de Saintes en Brabant » et les notes qui servirent à sa préparation sont conservés dans les Archives de la Cure de Saintes. Nous y ferons parfois référence.

[4] J. VERBESSELT, Het Parochiewezen in Brabant tot het einde van de 13e eeuw. Moerbeke O.-L.-Vrouw. Het aggomeraat Pepingen, Beert, Bellingen en Bogaarden. Heikruis O.-L.-Vrouw. Saintes – Sint Reneldis. Bierk, vol. 27, Bruxelles, 2001, p. 342-346, 380-381.

[5] La transcription qu’il en donne est à utiliser avec beaucoup de précautions tant elles contient d’erreurs de lecture.

[6] La découverte récente du Liber Chronotaxis de G. van Elshoudt – une chronique rédigée en 1652 couvrant l’histoire de l’abbaye de Ninove de 1137 à 1197 et reprenant, sous forme de notices ou d’analyses, une quantité d’actes jusqu’ici inconnus – devrait renouveller complètement nos connaissances sur quelques lignages du pays d’Enghien parmi lesquels celui de Mussain. Original : Archives de l’Etat à Beveren-Waas, Fonds de l’abbaye de Ninove, n° 5. Sur cette chronique, voir B. ROOBAERT, Une source d’archives inédites pour l’histoire de la région d’Enghien au XIIe siècle, dans B.C.A.E., n° 37, décembre 2002, pp. 755-756 et l’article important de B. ROOBAERT et J.-J. VAN HOLLEBEKE, Le Liber Chronotaxis de Godfried van Elshoudt (1137-1197) et les seigneurs d’Enghien, à paraître dans les A.C.A.E., t. 37, 2003. Il n’est pas encore question ici d’une exploitation complète de cette source extraordinaire. Signalons, par ailleurs, que Bernard Roobaert en prépare actuellement l’édition critique, ce qui en facilitera grandement l’exploitation.

[7] B. ROOBAERT, Toponymes germaniques en –haim entre Enghien et Tubize, dans A.C.H.E.B., t. 2, 2001, p. 187-199 et plus particulièrement p. 191-194 pour Mussain.

[8] Pour n’avoir pas découvert que le centre domanial de Mussain était allodial et échappait ainsi à toute description dans les cartulaires de fiefs et pour voir ignoré la composante lensoise de la seigneurie de Mussain, Jan Verbesselt n’a pas pu donner une image fidèle de cette seigneurie.

[9] AGR, SE, 8, f° 144 v°.

[10] Voir à ce propos l’article de B. ROOBAERT et D. SOUMILLION, Un relief de fief à Bierghes en 1502, dans A.C.H.E.B., t. 3, 2002, pp. 25-33 et en particulier les pp. 29-31 et le plan p. 32.

[11] AGR, SE, 11, f° 203 v°.

[12] « Journels » a, de toute évidence, été mis par erreur pour « bonniers » !

[13] Nous avons utilisé la transcription qu’en a fait G. P. SPEECKAERT, Saintes en Brabant … , p. 14-15, qui ne donne pas de référence précise, et G.P. SPEECKAERT, Histoire de Saintes … , p. 66-67 qui donne la référence : AGR, GSB, 6715.

[14] AGR, SE, 58.

[15] Parmi lesquels le Pré de Stanbrugge (1 bonnier) ; le pré de Volenvaux (6 journels) ; et le pré La Payelle (1 bonnier).

[16] Parmi lesquelles le bonnier à Sable (1 bonnier), le closin à Banque (6 journels) ; et le closin à la Garde (3 journels).

[17] L’unité de superficie n’est pas donnée dans le document pour la parcelle 34. S’il s’agit bien d’un demi bonnier, le total des terres labourables s’élèverait à 57 bonniers.

[18] La superficie d’une des parcelles n’est pas donnée.

[19] C’est ici que l’on mesure l’erreur d’appréciation de J. Verbesselt pour qui le terrage de 33 bonniers devait primitivement faire partie de la réserve seigneuriale (76 bonniers + 33 bonniers de terrage + 10 bonniers du centre domanial = 119 bonniers). Pour cet auteur, la censive devait s’étendre sur une superficie au moins égale à celle de la réserve primitive et donc sur une centaine de bonniers. Elle n’atteint en fait pas même le cinquième.

[20] AGR, Cartes et Plans manuscrits, n° 717 : « Carte figuratif du bois de Stehou gisant en la commune de Saintes, département de la Dyle, canton de Tubize. Joanes Ricour, 8-9 fructidor an 5 (25-26 août 1797) », et n° 718 : « Plan figuratif faisant partie du bois de Stéhou situé à Sainte-Renelde ». Voir L. JANSSENS, Kaarten en plattegronden in handscrift. Twede reeks, Bruxelles, 1997. (Instruments de recherche à tirage limité, 459)

[21] Les archives de la pairie de Lens sont conservées en France, à Amiens. Pour cette raison, il ne nous a pas encore été permis de les consulter. Sur ces archives, voir J. NAZET, Inventaire d’archives de la famille d’Egmont-Pignatelli concernant la terre et pairie de Lens (Hainaut) (conservées aux Archives Départementales de la Somme à Amiens) XIIIe-XVIIIe siècles, AGR, Bruxelles, 1974. (Miscellanea Archivistica, 11). Il y est question de Saintes dans les n° 49, 51 et 53, et de Mussain dans les n° 51 et 54.

[22] Avis de père et mère de 1346, édité dans P. RUELLE, Actes d’intérêt privé conservés aux Archives de l’Etat à Mons (1316-1433), Bruxelles, 1962, p. 25-34. Pour les bois, voir également L. DELPORTE, Traits du régime seigneurial … , p. 59-61.

[23] AEM, Olmen de Poederle, n° 858, Constestations en matière de droits seigneuriaux, 1454-1751.

[24] Les archives de l’abbaye de Lobbes contenaient de précieuses liasses sur les bois à Saintes. Elles ont malheureusement disparues, mais nous disposons d’un ancien inventaire qui nous permet de mesurer l’étendue de la perte (AEM, Cartulaire de Lobbes, n° 35, p. 385).

[25] Nous n’avons pas conservé le texte de cet accord.

[26] C’était également l’opinion de G. Bavay qui parle d’une « vieille forteresse ». G. B[avay], Mussain à Saintes, dans Albums de Croy, publié sous la dir. de J.-M. DUVOSQUEL, t. 10, Comté de Hainaut VII, Bruxelles, 1991, p. 244 et pl. 69.

[27] Sur ce type de tours voir la remarquable synthèse toute récente de L.-F. GENICOT, R. SPEDE, Ph. WEBER, Les tours d’habitation seigneuriales du Moyen Age en Wallonie. Analyse archéologique d’une typologie, Namur, 2002. (Etudes et Documents, Monuments et Sites, 9).

[28] G. B[avay], Mussain à Saintes …, p. 244.

[29] BEAURAIN, chevalier de, Histoire militaire de Flandre depuis l’année 1690 jusqu’en 1694 inclusivement, qui comprend le détail des marches … par le chevalier de Beaurain, Géographe ordinaire du roi et ci-devant de l’éducation de Monseigneur le Dauphin, Paris, 1755, 5 tomes en 2 volumes, 410 p. + 134 pl.

[30] « Carte du combat de Steenkerque où l’on voit la première disposition des deux armées le 3me aoust 1692 », gravure anonyme, t. 3, pl. 20, 1/28.800 ; « Carte de la seconde disposition du combat de Steenkerque où l’on voit la retraite des ennemis et jusqu’où les troupes du Roi les ont poussés le 3 aoust 1692 », gravure anonyme, t. 3, pl. 21, 1/28.800.

[31] Au sujet de ces cartes, voir Cl. LEMOINE-ISABEAU, Le combat de Steenkerque. Cartographie du champ de bataille, dans G. BAVAY et Cl. LEMOINE-ISABEAU, Steenkerque 1692, Bruxelles, 1992, p. 57-76 et Cl. LEMOINE-ISABEAU, Les militaires et la cartographie des Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège à la fin du XVIIe et au du XVIIIe siècle, Bruxelles, 1984, p. 166-179 pour les cartes gravées par le chevalier de Beaurain, et p. 148-161 pour la carte des Pays-Bas levée par les ingénieurs géographes français avec la collaboration de Cassini, 1745-1748, qui servit de fond de carte au chevalier de Beaurain.

[32] VASSEUR, Album illustré des châteaux …

[33] Courte description dans L. DELPORTE, Tubize, dans Le Patrimoine rural du Brabant wallon, ouvrage collectif édité à l’inititative du Centre culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996, p. 214-221, et plus particulièrment p. 216. Le site n’est pas classé, mais figure à l’inventaire du patrimoine de la Région wallonne : ???

[34] Voir à ce propos l’article de J.-P. DEHON, Les grilles du Château de Mussain (Saintes), dans Tubize, Sciences et Histoire, n° 11, 1996, sans pagination.

[35] AGR, SE, 8, f° 144 v°.

[36] AGR, SE, 11, f° 203 v°.

[37] G. P. SPEECKAERT, Saintes en Brabant … , p. 14-15, qui ne donne pas de référence précise. G.P. SPEECKAERT, Histoire de Saintes … , p. 66-67. AGR, GSB, 6715.

[38] G. P. Speeckaert avait lu « Coutalnet »

[39] AGR, SE, 58. Le verso du dernier folio porte : « Dénombrement de la seigneurie de Mussain située à Saintes, sous Bierghes, en datte du 24 8bre 1753. Bierghes et Saintes. Messire Charles Hyacinthe Joseph Vanderhaeghen, écuyer, seigneur de Mussain ».

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