Les bois domaniaux

Dans la plupart des seigneuries, la réserve comprenait une certaine étendue de bois.  Source de revenus appréciable, ils étaient souvent grevé de droits d’usage au profit de la communauté.

A Saintes, bien que peu étendus, les bois ont toujours existé.  La villa de Quenestine disposait, au IXe siècle, d’une étendue de bois permettant d’envoyer 20 porcs à la glandée.

Bois du Stéhout

Au XIVe siècle, le seigneur de Saintes tenait en fief de la pairie de Lens « quinse bonniers de bos u environs au bos d’Estehout, et le justice sus ». [Avis de père et mère de 1346]

A la fin de l’Ancien Régime, le bois du Stéhoux existait toujours,mais le seigneur de Saintes n’en possédait plus la moindre parcelle.  Il semble que le fief qu’il relevait précédemment des seigneurs de Lens soit passé dans les mains des seigneurs de Mussain.  Ces derniers étaient détenteurs d’un fief relevant de Lens et consistant en 16 bonniers au bois du Stéhoux. [AEM, OP, 858]  Il est bien possible qu’il s’agisse du même fief que celui que possédait encore le seigneur de Saintes au milieu du XIVe siècle.

Ce fief ne couvrait pas toute l’étendue du bois du Stéhoux.  Une bonne partie de ce bois appartenait à l’abbaye de Lobbes.  Un plan figuratif [AGR, Cartes & plans, supp., 253], dressé en 1798 à la requête de A. Desutter, marchand résident à Bruxelles, précise que la part du monastère s’étendait sur « dix neuf bonniers un journels six neuf verges et demi suivant la mesure de 20 pieds de Mons à la verge, cent verges au journel et quatre journels au bonnier qui est celle de sa situation ».

Bois de Cassembroeck (ou de Saintes) et du Thiembecq

Outre le bois du Stéhoux, les documents citent fréquemment le bois de Cassembroeck, également appelé bois de Saintes, et celui du Thiembecq, dont les superficies nous échappent.  Un coup d’oeil sur la carte de Ferraris permet de constater qu’il n’étaient pas très étendus.

Les revenus procurés par les bois

Les revenus provenant des bois étaient prélevés pour deux tiers par l’abbaye de Lobbes et pour le dernier tiers par le seigneur de Mussain. [AEM, OP, 858]  Par contre, seul le seigneur de Saintes possédait la justice sur ces bois et y avait le droit d’y chasser.

L’abbaye de Lobbes pouvait nommer un (ou même plusieurs) garde-forestier ou messier des bois.  Il devait cependant prêter serment dans les mains du seigneur de Saintes ou de son bailli.  Notons que le seigneur de Mussain eut également son « sergent des bois ».

Parmi les terres annexées au gros de la seigneurie de Saintes durant le courant du XVIIe siècle ou par après, il y avait deux petits bois s’étendant sur 5 bonniers 1 journel. [AEM, OP, 893]  Ces bois, ou plus exactement ces aulnois, lui venaient du tiers de la cense de Froye qui lui échu au milieu du XVIIIe siècle comme bien d’épave.  Régulièrement, quelques lots de « raspes et haute futaie » étaient mis en vente publique « par recours au plus offrant ».

 

© Luc DELPORTE – 29/10/2017.

 

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