Chemin n°1 : Chemin de Saintes à Rebecq

  • Dénomination de l’Atlas des chemins : Chemin du Pont de la Brasserie
  • Direction : chemin de Saintes à Rebecq par le Pont de la Brasserie et la ferme du Buchot
  • Autres noms rencontrés :
    • Chemin du Pont de la Brasin(n)e
    • Chemin du Pont de la Brasserie (Plan Popp)
    • Groote baen van Ste Renelle naar Rebecq-Rognon (plan cadastral primitif) 1830-1834
  • Nom actuel : rue de Rebecq

Ce chemin avait une largeur officielle de 6m.  Son entretien incombait à la commune de Saintes, sauf pour une petite partie où la commune de Rebecq devait intervenir au même titre que celle de Saintes.

Ce chemin démarre de la place du village, descend vers et passe devant le château de Saintes, dit de Poederlé, puis se prolonge vers l’ancien centre domanial de l’abbaye de Lobbes, la ferme du Laubecq.

C’est là que se trouvait le point névralgique ancien du vieux domaine de Saintes.  Il n’est donc pas étonnant que l’on trouve là un noeud routier important dont la ferme du Laubecq est, en quelque sorte, le point central.  Au centre de ce carrefour se trouvait un trieu (le trieu Maquière), c’est-à-dire une terre vague appartenant à la communauté, où les manants pouvaient faire paître leurs bestiaux.  Le chemin que l’on vient de suivre, et qui de la ferme du Laubecq conduit au centre du village, se prolongeait vers le nord (Katte Molen à Beert) par Mussain et vers l’est en direction de Halle.  Au niveau de la ferme du Laubecq, il est croisé par le chemin n° 8, conduisant de Tubize au Grand Trou (lieu-dit situé à Bierghes), pratiquement à la jonction des limites de Saintes, Bierghes et Bogaarden.  Sans doute se poursuivait-il vers Heikruis (autre domaine de l’abbaye de Lobbes durant le Haut Moyen Age) et au-delà vers la chaussée romaine Bavay-Asse.  De la ferme du Laubecq partait également un chemin relativement rectiligne en direction du sud et de Quenast.  Il n’existe plus aujourd’hui entre la Laubecq et l’actuelle ferme de Quenestine (anciennement ferme Storm), mais on le retrouve facilement sur toutes les cartes jusque bien tard dans le XXe siècle (sentier n°21).  A Quenast, il passe la Senne, bifurque légèrement vers l’est, traverse le territoire d’Hennuyères et le Bois de la Houssière, pour aboutir à Virginal, autre domaine antique de l’abbaye de Lobbes.

De la ferme, le chemin que l’on suit continue vers Rebecq.  Il effectue un coude vers le sud, passe le Laubecq (littéralement le ruisseau [du domaine] de Lobbes) sur le Pont de la Brasserie, juste après le confluent avec le Wisbecq.  L’Atlas de 1841 le renseigne en maçonnerie.  Il était en bon état et son entretien incombait à la commune.  Son nom lui vient de la présence, toute proche, de l’ancienne brasserie banale, détruite dans le courant du XVIe siècle.  Le chemin s’élève ensuite pour atteindre la ferme du Mont-à-Saintes, croise le chemin n° 5 (Bierghes – Quenast), traverse un filet d’eau (2 acqueducs de la ferme du Buchot, en maçonnerie), et atteint la ferme du Buchot.  De là, il continue son ascension  pour arriver sur le sommet, à la Bruyère de Wisbecq où il croise un autre très vieux chemin (n° 6 Petit-Enghien – Tubize) qui emprunte la ligne de crête entre la Senne et le Laubecq.  Peu au-delà de ce croisement, il entre sur le territoire de Rebecq et conduit directement au centre de ce village.

Ancienneté du chemin

L’ancienneté de cette voie de communication ne fait aucun doute.  Jusque très récemment, elle mettait en communication les centres villageois de Saintes et de Rebecq.  A l’époque carolingienne, elle reliait déjà les centres domaniaux de Saintes (abbaye de Lobbes) et de Rebecq (abbaye de Nivelles).  Mais elle devait très probablement aussi conduire au petit domaine d’Offembais (sous Rebecq), dont on croit aujourd’hui qu’il appartenait aussi à l’abbaye de Lobbes [B. ROOBAERT].  L’archéologue René Borremans, spécialiste de la région, y voit un chemin romain.  Cette antique voie reliait un diverticule courant entre Halle et Kester, depuis le Katte Molen à Beert, jusqu’au passage de la Senne à Rebecq et, au-delà, jusqu’à un autre diverticule courant du Bois de la Houssière à la chaussée Bavay-Asse par les hauteurs de Rebecq.  René Borremans doit avoir raison, car nos propres observations tendent à confirmer son hypothèse.  Plusieurs trouvailles archéologiques ont été faites le long de ce trajet, notamment juste au nord de la ferme du Laubecq (sur la Couture du Moulin) et à l’important carrefour de la Bruyère de Wisbecq avec un autre chemin (n° 6) que nous estimons également être romain.  A l’avenir, d’autres découvertes viendront certainement le confirmer. On y ajoutera un indice d’ordre toponymique.  L’un des champs bordé par notre chemin porte le nom évocateur de « champ de Burgestray ».  La dernière partie de ce nom doit provenir du latin -strata, qui signifie le chemin empierré, et que l’on retrouve très fréquemment associé à d’anciennes voies romaines.

 

© Luc DELPORTE – 29/10/2017.

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