La seigneurie de Saintes du XIIIe au XVe siècle

La seigneurie de Saintes resta aux mains de la famille du même nom jusqu’au début du XIVe siècle.  Elle passa ensuite par les femmes aux « du Bois » puis au « du Pont ».  Cette dernière famille détenait depuis plusieurs siècles la seigneurie du Pont-à-Wisbecq sous Saintes.  Elle était issue d’un lignage de chevaliers, vassaux du seigneur d’Enghien et de celui de Saintes.

L’état de leurs possessions au village de Saintes et dans les environs nous est connu grâce à un avis de père et mère dressé en 1346 devant les hommes de fiefs de Hainaut par Josse du Pont, écuyer, et Catherine du Risoir.  Ce document nous permet d’apprécier la fortune foncière de ces seigneurs ainsi que les droits qu’ils possédaient dans la localité.  Il nous donne également une idée du morcellement féodal et de la superposition des différentes juridictions médiévales.

Wisbecq

A l’aîné, Sohier du Pont, était dévolue, à la mort de son grand père Sohier, la terre ancestrale du Pont-à-Wisbecq.  Il devait entrer en possession du « manoir dou Pont ensi qu’il s’estend, tant en fief comme en tiere de mainferme ».  Ce fief ample relevait de la seigneurie d’Enghien et s’étendait sur 24 bonniers de terre.  Des cens et rentes « par decha le rivière de Quenestine » y étaient attachés, de même que la « justice et signerie ».  Les terres de mainferme, c’est-à-dire les tenures à cens qui en dépendaient, s’étendaient sur les paroisses de Bierghes et de Saintes.

Du seigneur d’Enghien, il relèverait encore les trois fiefs qui suivent : un fief ample de 18 bonniers de prés, terre et bois, gisant sur le terroir de Bierghes et de Saintes, avec des cens, rentes, toute justice et seigneurie ; un fief lige de deux bonniers dans la paroisse de Bierghes avec justice et seigneurie ; et un fief ample de 6 bonniers de bois « au Gratich ».  Ce dernier fief n’était vraisemblablement pas situé dans la localité, où nous n’avons jamais retrouvé ce toponyme, mais sans doute dans le hameau de Graty, paroisse de Hoves.

Sohier devait également entrer en possession de deux fiefs relevant de la seigneurie de Saintes : le « fief de Saintez en quelconque parties u membres que li dis fiefs gise u s’estenge » et le « fief de Thienebecque » consistant « en cens, en rentes et en euwes et tout chou qui au dit fief appartient ».  A ces deux fiefs était également attachée la justice.

A ces fiefs, s’en ajoutaient encore quatre autres relevant respectivement de la comtesse de Hainaut, du seigneur de Mussain, des hoirs Jehan de Clabecq (de Glabecque), et des hoirs Jehan Pochet d’Ophain.  Le premier était un fief ample de 5 bonniers de terre et de prés à Quenast ; le second , gisant dans la paroisse de Bierghes, un fief ample de 3 bonniers 1/2 et demi journel de terre, 9 vieux gros, un chapon de rente et la justice ; le suivant, le fief ample de « le Houppellière », comprenant 9 bonniers de terre ou environ, des cens, rentes d’avoine, de chapon, de blé « et tout chou qui au dit fief appartient », ainsi que la justice et seigneurie ; et enfin le dernier, un fief ample avec la justice.

Saintes

Le deuxième enfant de Jehan et Catherine, Jehan, devait entrer en possession à la mort de son grand-père « de toute le tiere et revenue de Saintes et tout chou qui y appartient, et le justice sus ».  Ce fief lige relevait du seigneur de Lens et était appelé le « grant fief de Saintes ».  Lui reviendrait également 19 livres de blanc de rente à Saintes et 15 bonniers de bois ou environ « au bos d’Estehout », tenus en fiefs de Lens avec la justice.  S’y ajoutera, toujours tenu du même seigneur, un fief consistant en 15 livres de blanc de rente « assis sur tous les cens et rentes de le ville de Saintes ».

Les fiefs tenus de l’abbé de Lobbes étaient également destinés à Jehan.  Il s’agissait du « manoir et tout l’iestre de Saintes ensi qu’il s’estend » avec la justice et deux bonniers de mainferme « gisans en le pourchainte dou dit manoir » ; du manoir du Mont avec 20 bonniers de terre et pré, 35 sols blancs par an et 4 chapons ou environ, le tout tenu en fief ample ; et finalement un fief consistant en « toute justice sour le fief daarain nommet », c’est-à-dire cité précédemment.

Outre cela, il devra aussi avoir la moitié du moulin à vent de Saintes et la moitié du moulin à eau de Ripain, tenu en mainferme et situé à Tubize en Brabant.

Enfin, c’est encore lui qui recevra tous les « hommages qui furent Ernoul de Haucrois », tenus en fief ample de « monsigneur de Faignuelles ».

Les autres biens

Le dernier des fils, Hugues, devait entrer en possession du fief possédé par la famille à Herissem, paroisse d’Enghien.  Il s’agissait d’un manoir relevant du duc de Brabant avec 20 bonniers de terre et pré ou environ et 1 bonnier de mainferme tenu des « enfans Watier dou Risoit, gisant daleis les tieres dou dit fief ».

Il devait également recevoir le « manoir et l’iestre de le Haye » avec environ 40 bonniers de terre, pré et bois « à le mesure dou liu », tenus en mainferme.  A lui également, 7 livres 7 sols de rente à Tubize, ainsi que trois muids de blé de rentes à Rebecq, tenus en mainferme.

C’est lui aussi qui devra partager, avec son frère Jehan, la moitié du moulin à vent de Saintes et du moulin à eau de Ripain.  Lui seul, par contre, entrerait en possession du « tordoir de Ripain estant ou dit moulin à euwe ».

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ARTICLE ENCORE EN CHANTIER

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 © Luc DELPORTE – 06/08/2017.

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