Juridictions ecclésiastiques avant 1559

Diocèse de Cambrai

La juridiction ecclésiastique à laquelle la paroisse de Saintes ressortissait au Moyen Age est connue grâce à un compte de 1372 et à un pouillés du diocèse de Cambrai de la première moitié du XIVe siècle. Ces précieuses sources permettent de reconstituer la géographie ecclésiastique médiévale. La très grande stabilité des institutions ecclésiastiques et de leurs ressorts permet de reporter dans le temps la situation du XIVe siècles, sans trop craindre de se tromper. Les documents diplomatiques le confirment d’ailleurs. C’est l’évêque de Cambrai qui confirme toujours les donations ou les possessions des abbayes à Saintes.

Saintes appartenait donc au diocèse de Cambrai. Ce diocèse correspondait, à l’origine, à la civitas Cameracensium de la fin de l’époque romaine. En 1559, il est détaché de la province de Reims et élevé au rang de métropole d’une nouvelle province ecclésiastique. Malines et Anvers, qui en dépendaient jusqu’alors, en furent démembrés
et devinrent des diocèses distincts.

Archidiaconé de Brabant et doyenné de Halle

Au moment de la réorganisation de 1559, le diocèse de Cambrai se composait de 6 archidiaconés et de 18 doyennés. Les 6 archidiaconés étaient l’archidiaconé de Cambrésis, les archidiaconés de Brabant, de Hainaut, de Valenciennes, d’Anvers et de Bruxelles.

Ces juridictions sont déjà mentionnées par les sources à la fin du XIe siècle. De nombreux auteurs n’hésitent d’ailleurs pas à faire remonter leurs origines à l’époque mérovingienne. Ils se basent sur la similitude qui existe entre leurs ressorts respectifs et les anciens pagi. Ainsi, l’archidiaconé de Cambrésis équivaudrait au pagus Cameracensis ; ceux de Hainaut et de Valenciennes au pagus Hainoenis, ceux de Brabant et de Bruxelles au pagus Bracbatensis, celui d’Anvers à une partie du pagus Texandrius.

Au XIVe siècle, l’archidiaconé de Hainaut se composait des doyennés de Bavai, de Binche, de Maubeuge et de Mons ; celui de Brabant des doyennés de Chièvres, de Grammont, de Halle et de Saint-Brice (à Tournai), et celui de Bruxelles des doyennés d’Alost, de Bruxelles et de Pamele.

Attestée par le pouillé du XIVe siècle, la division en 18 doyenné est assurément bien antérieure. Ainsi, le doyenné
de Halle, qui nous intéresse plus particulièrement, est déjà mentionné en 1100 [MIRAEUS, Opera diplomatica, éd. FOPPENS, t. 1, p. 371]. En 1186, les 10 doyennés entre lesquels les paroisses du comté de Hainaut se répartissaient, à savoir Avesnes, Binche, Bavai, Chièvres, Grammont, Halle, Haspres, Maubeuge, Mons et Saint-Brice de Tournai, sont mentionnés. Mais cette liste, empruntée à l’Histoire de Hainaut de Jacques de Guise, reflète peut-être une situation postérieure.

Quoi qu’il en soit, au moment où la paroisse de Saintes est fondée (vraisemblablement à l’époque carolingienne), elle est intégrée au diocèse de Cambrai et, si ces juridictions remontent bien à une époque aussi reculée, à l’archidiaconé de Brabant. Lorsque, à une époque indéterminée mais antérieure à 1100, les archidiaconés ont été divisés en doyennés, Saintes fit partie de celui de Halle.

© Luc DELPORTE – 01/08/2017.

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