La région au Néolithique

La région au Néolithique

Pourquoi placer les débuts de notre histoire au Néolithique ?

Parler du village de Saintes au Néolithique n’a évidemment aucun sens.  Les premiers hommes à s’installer durablement dans la région et à y pratiquer l’agriculture et l’élevage évoluaient dans un milieu qui n’avait rien à voir avec celui que nous connaissons.

Reconstituer avec précision le paysage local à cette époque n’est pas facile, mais on peut s’imaginer la région couverte par la forêt, celle que l’on appellera beaucoup plus tard  la Charbonnière.  Cette forêt dense est sillonnée de cours d’eau d’importance moyenne et de petits ruisseaux.  Les vallées qu’ils dessinent, avec leurs fonds marécageux et herbeux,  structurent le paysage.  C’est à la lisière de la forêt et des prairies naturelles, bien à l’abri mais à proximité de l’eau, que les hommes s’implanteront le plus volontiers.  Ils pourront ainsi pratiquer l’élevage, défricher quelques parcelles de terrains forestiers favorables et les mettre en culture.  Le cours de la Quenestine-Laubecq et de ses affluents nous fournit donc le cadre dans lequel ces hommes du Néolithique ont évolué.  Cette « vallée » ne peut cependant être envisagée isolément, comme s’il n’y avait rien au-delà des modestes reliefs qui la bordent.

Il y a bien sûr des traces du passage de l’homme bien avant le Néolithique.  Mais il s’agit alors de peuplades nomades qui ne font que passer épisodiquement au gré des déplacements des troupeaux qu’ils suivent.  Leurs campements ne sont que temporaires et n’ont encore aucune incidence sur le paysage qui les entoure.  Ainsi, Néandertal s’est arrêté sur la Montagne de Ramelot/Bois d’Achonfosse (limite entre Saintes et Tubize) et les derniers chasseurs du Mésolithique ont campé au Spinois (limite entre Saintes-Wisbecq, Bierghes et Rebecq).  Mais ces nomades ne font que s’installer quelques temps, alors que les néolithiques vont s’implanter plus durablement.  Ce n’est donc qu’à partir de leur sédentarisation que les hommes vont aménager leur environnement.  Dès lors, le paysage commence à se transformer sous l’action anthropique et l’ « histoire » du territoire que nous envisageons d’étudier débute vraiment.

Le Néolithique, caractéristiques et chronologie

Le Néolithique se caractérise par l’apparition d’un nouveau mode de vie qui constitue un tournant décisif dans l’histoire de l’humanité.  D’un mode de vie basé exclusivement sur la chasse, la pêche et la cueillette, l’homme passe à un mode de vie fondé sur l’agriculture et l’élevage.  Cela lui impose de se sédentariser.  Il construit désormais des maisons regroupées en villages.  Ce nouveau mode de vie s’accompagne d’importantes innovations techniques : la céramique, le filage et le tissage, la vannerie, le polissage des outils de pierre, …  Cette véritable « révolution », aussi bien économique que technique, va de pair avec une évolution des structures sociales et culturelles.

Le Néolithique ancien (-5.500 à -4.800)

Reconstitution d’une maison néolithique de type danubien à l’Archéosite d’Aubechies – Photo © Archéosite d’Aubechies

Apparu au Proche-Orient dès le IXe millénaire, le Néolithique se répand très progressivement vers l’ouest et ensuite vers l’Europe en suivant deux courants distincts.  L’un se développe dans le bassin méditérannéen.  On l’appelle l’ « Impresso-Cardial », d’après les décors de la céramique faits à la coquille de cardium.  L’autre, celui qui nous intéresse, passe par les Balkans et remonte les plaines de l’Europe centrale en suivant le Danube, le Rhin et la Meuse.  C’est le « Rubané », ainsi nommé d’après les décors céramiques formant des motifs en rubans.

Chez nous, les populations rubanées s’implantent surtout en Hesbaye liégeoise et limbourgeoise, dans le nord du Brabant et dans l’ouest du Hainaut.  Le bassin supérieur de la Senne semble n’avoir pas été occupé à cette époque.  Du moins, les archéologues n’y ont pas encore trouvé de traces importantes de cette époque.  Il est possible que des populations de traditions mésolithiques (nomades chasseurs-cueilleurs) se soient maintenues plus longtemps ici.  Il faut donc attendre les périodes suivantes pour que l’on puisse vraiment parler d’une colonisation de la région par les premiers agriculteurs-éleveurs.

Dans le bassin supérieur de la Senne, quelques herminettes et des pointes danubiennes ont été découvertes à Nivelles, Arquennes, Ronquières.  Les fouilles de la « Vieille Cour » à Thines a livré des fragments de céramique décorée que l’on peut rapprocher de celle du groupe du Limbourg.

La céramique du Limbourg

De la Rhénanie au bassin parisien, de nombreux sites rubanés, anciens et récents, livrent de la céramique qui par ses techniques, ses formes et ses décors, ne peut être attribuée au Rubané.  On ignore à quelles réalités sociales, économiques et culturelles correspond cet ensemble céramique.  Il présente cependant des décors qui trahissent une influence des groupes néolithiques installés sur les bords de la Méditerranée.  Les motifs décoratifs se déclinent principalement en triangles, en bandes d’incisions, en arrêtes de poisson, en hachures obliques, en sillons parallèles et en quadrillages.

Le Néolithique moyen (IVe millénaire)

Dans le nord de la France, l’ouest de l’Allemagne, le sud des Pays Bas et la Belgique, le IVe millénaire est celui de la civilisation de Michelsberg.  Si les découvertes de cette période ne sont pas très nombreuses dans notre pays (surtout en Moyenne Belgique), certaines concernent directement notre région.  Cela nous permet d’affirmer que l’implantation des néolithiques est effective dans le bassin supérieur de la Senne dès le IVe millénaire.  Ces hommes sont des éleveurs de bétails et pratiquent l’agriculture.  Non loin de chez nous, dans la région de Mons, ils exploitent quasi « industriellement » des mines de silex, dont il sont grand consommateurs et dont ils font le commerce.  D’autres minières sont aussi exploitées à Orp-le-Grand.  Leur céramique n’est plus décorée, ce qui les différencie nettement des civilisations antérieures.   Ils ne vivent apparemment plus dans de grands villages, mais en petits groupes dispersés (fermes ?).  Leurs implantations sont rapidement abandonnées.  Par contre, ces populations ont parfois construit des palissades et des fossés pour protéger des espaces de plusieurs hectares (Boitsfort, Genval, Ottembourg, Chaumont-Gistoux en Brabant, Petit-Spiennes, Neufvilles et Thieusie, en Hainaut), dont la signification exacte nous échappe encore.

 La forme des villages et des maisons est difficile à établir, car ils n’ont pas laissé beaucoup de traces.  On ne retrouve en tous cas pas les traces de leurs habitations sur les sites de cette époque, ce qui fait dire à certains que ces maisons étaient très légères.  Toutefois, il y a des exceptions.  Le site de Mairy, dans les  Ardennes françaises, a permis la mise à jour de plusieurs grandes maisons rectangulaires, à l’intérieur d’une large enceinte.  Beaucoup d’enceinte de la même civilisation sont connues en Belgique, mais elles ne contiennent jamais de traces de maisons.  Leur fonction (camps-refuge, lieux de rassemblement ?)  demeure encore un mystère.

Le Néolithique final (IIIe millénaire)

Au Néolithique final, l’influence d’un courant méridional, la civilisation Seine-Oise-Marne, se fait sentir.  Vers -2.500, elle occupe le bassin parisien et se diffuse dans les bassins de la Somme puis de la Meuse.  L’habitat et le mode de vie de ce groupe sont encore mal connus.  Ils ne construisent plus d’enceintes, ce qui les rends encore plus difficile à repérer.  La chasse et la pêche joue visiblement un rôle important dans leur alimentation, à côté de l’agriculture et de l’élevage.  Leur céramique est très simple et peu soignée.  L’originalité de cette civilisation est le développement d’une architecture en pierre, le mégalithisme, entièrement orientée vers le monde des morts.  Les sépultures de cette époque, en grotte ou sous mégalithes, sont « collectives ».

L’absence de traces évidentes de leur implantation (villages, maisons), à l’exception bien sûr du matériel lithique laissé sur place, fait penser que cette civilisation n’était pas très sédentaire.

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Questions à traiter :

Quels sont les sites néolithiques les plus importants du bassin supérieur de la Senne ?  Quel est l’habitat le plus proche découvert ?  Peut-on les dater Néolithique ancien, moyen, récent ?  En préciser la culture ?  Y a-t-il des site rubanés attestés ?  Des objets rubanés ont-ils été découverts dans la région ?

Dernière version : 31/07/2017 – © Luc DELPORTE

 

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