La population de Saintes sous l’Ancien Régime

Les dénombrements de foyers

Les renseignements sur l’état de la population du village de Saintes sont rares sous l’Ancien Régime.  Les sources, peu nombreuses, sont peu fiables.  Par chance, nous disposons de l’excellent ouvrage de M.-A. Arnould sur les dénombrements de foyers dans le Comté de Hainaut.  Il nous sera d’un grand secours pour établir une estimation de la population au Moyen Age et au début des Temps Modernes.

Pour nous y retrouver, signalons d’emblée que le village de Saintes était constitué de plusieurs entités distinctes au point de vue fiscal : Saintes, Wisbecq, Mussain et Herbecq.

En 1365, Saintes faisait partie de la Prévôté de Mons et comptait alors 140 feux (c’est-à-dire foyers).  Herbecq (Herrebeek) comptait alors 18 feux et faisait partie de la Châtellenie de Braine-le-Comte.  Etaient exemptés d’imposition : le seigneur de Saintes, le curé, Gérard de Mussain et 9 foyers pauvres.

De ce taux assez élevé de population on dégringola, une quarantaine d’année plus tard (en 1406), à un total de 47 feux seulement pour « Saintes, Mussain, Wisebeck et Herlebecq ».  Le village, qui faisait alors partie de la terre d’Enghien, s’était donc dépeuplé d’environ deux tiers de ses habitants.  Comment expliquer une telle régression ?  Les effets de la grande peste, si toutefois elle toucha Saintes, auraient dû déjà se faire ressentir en 1365, et ne peuvent donc pas expliquer le taux si bas de 1406.  Il semble que le nord-est du comté de Hainaut fut assez peu touché par la grande peste du milieu du XIVe siècle, mais bien plus par les épidémies qui se succédèrent à la fin du même siècle.  Cela explique peut-être en partie cette chute vertigineuse du chiffre de la population.

Moins de vingt ans plus tard (en 1424), le nombre de feux était déjà remonté à 96 pour «  Sainttes, Mussain, Willebecque et Herlebeke ».  La cotisation du village s’élevait à 144 livres.

En 1444, Saintes, qui faisait désormais partie de la Châtellenie de Braine-le-Comte, comptait 122 foyers.

Sa population progressa de façon constante pour atteindre, en 1469, un taux à peu près équivalent à celui qui était le sien un siècle plus tôt.  Elle comptait 140 feux.

En 1531, Saintes et « le Pont a Wisebecque » atteignaient 111 feux dont 34 « nouriz et soustenuz de l’ausmone », tandis que Mussain comptait 16 feux.  Il n’y avait donc plus au total que 127 feux.  Nous ignorons cependant si les feux de Herbecq sont comptabilisés.

En 1540-41, Saintes comptait alors 130 feux dont 43 foyers pauvres et Mussain 17 feux dont 3 occupés par des pauvres.  Le total est donc de 147 feux.  La nouveauté de ce dénombrement réside dans les différentes catégories des personnes dénombrées.  On y fait la distinction entre les laboureurs, les gens aisés et les pauvres.  Parmi les laboureurs, il y a 19 feux comptant 29 cheminées.  Les gens aisés se répartissent en 58 feux, faisant 58 cheminées.  On y compte 10 veuves.  Enfin les pauvres constituent 43 feux et autant de cheminées.  On y trouve 5 veuves et 1 femme chef de ménage.  Notons pour finir que le dénombrement cite, sans la comprendre dans le total : « Madame de Saintes, se tenant a Wisebecque, paroiche de Saintes ».

En 1553, on recensait à Saintes 19 laboureurs, 170 foyers aisés et 68 pauvres.  Mussain comptait 11 aisés et 15 pauvres.

Pour 1559 et 1560, nous ne disposons que des chiffres pour Mussain.  La première année il y avait 16 feux et la seconde 18.

En 1560-61, nous avons 114 feux à Saintes, dont 9 pauvres et 7 maisons vides.  Mussain compte 18 feux et 2 maisons vides.  On constate donc une très nette diminution de la population au début de cette seconde partie du XVIe S.

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Les dénombrements de population

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Le dénombrement de 1709

→ Voir l’article : Le dénombrement de la population de Saintes en 1709.

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Le dénombrement de 1784

G.P. Speeckaert signale avoir trouvé le passage suivant d’une pièces manuscrite de la Cour échevinale de Saintes, datée de 1786 : « le village de Sainte Renelde ou Saintes comprend 1.150 âmes, y compris les 429 âmes du hameau de Wisbecq ».  Ces chiffres sont empruntés à l’enquête sur les paroisses exigée par l’empereur Joseph II en vue de leur réorganisation.   (…)

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L’enquête sur les paroisses de 1786

G.P. Speeckaert ne connaissait que le dénombrement de 1786, dont il avait trouvé une copie dans les archives scabinales [AGR, GSB, 8778]  Cette année là, le village de Sainte Renelde ou Saintes comptait 1151 âmes, y compris les 429 âmes du hameau de Wisbecq.  Le document ajoute que « les habitations les plus éloignées de l’église du côté du devant sont à la distance d’un quart de lieue, celles du côté du midi à la distance de trois quarts de lieue, celles du côté du couchant à la distance de trois quarts de lieue et celles du nord aussi à la distance de trois quarts de lieue ».  [G.P. Speeckaert, Histoire de Saintes, manuscrit, p. 8] (…)

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Période française

Dans son dictionnaire géographique du Département de la Dyle, publié en l’an VII (1799), Charles Oudiette mentionne l’existence à Saintes de 1500 habitants.  Ce chiffre est manifestement une approximation grossière.

Le mémoire statistique du Département de la Dyle, adressé par le Préfet au Ministre de l’Intérieur donne l’état comparé de la population en 1786 et en l’an VIII, à savoir 1.477 habitants en 1786 et 1.367 en l’an VIII.  On ignore d’où provient ce chiffre pour 1786.  On aurait pu penser qu’il s’agissait d’une erreur effectuée en additionnant par mégarde le nombre d’habitants de Saintes de 1786 (1150) et celui du hameau de Wisbecq (429), alors que ceux-ci étaient en fait inclus dans les 1150 habitants du village, mais le total ne correspond pas.

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ARTICLE ENCORE EN CHANTIER

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Dernière version 19/07/2013 – © Luc DELPORTE

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