Saintes sur les cartes anciennes

Saintes sur les cartes anciennes

Le village de Saintes est indiqué sur différentes cartes anciennes.  Situé à la limite du Hainaut et du Brabant, on le retrouve souvent sur les cartes d’ensemble de ces deux principautés.  Il ne s’agit alors que d’un point parmi de nombreux autres.  A part quelques exceptions, comme la carte des environs d’Enghien par Nicolas Visscher (XVIIe s.), il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir figurer Saintes sur des cartes qui ne couvrent plus qu’un région plus limitée et qui préfigurent les cartes topographiques.

Malgré leur relative imprécision, ces cartes sont très utiles pour l’historien.  On y repère parfois d’intéressantes précision toponymiques, la persistance de certains gués sur des voies de communication importantes, des itinéraires particuliers, etc.

L’article qui suit n’a pour ambition que de présenter brièvement les cartes anciennes sur lesquelles le village de Saintes est représenté.  Le cas échéant, un lien sera ajouté vers un article plus détaillé sur telle ou telle carte.

Carte du duché de Brabant par H. Olgatius, 1567

 

Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

 

 

Carte du comté de Hainaut par Jacques Surhon, 1579

 

Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

 

Les environs d’Enghien par Nicolas Visscher (XVIIe s.)

 

 

Carte d’une partie du Brabant, fin XVIIe siècle [?]

Très belle carte anonyme intitulée « Partie du Brabant, de Bruxelles à Nivelles, du nord au sud, et de la fôret de Soigne à Grammont, de l’est à l’ouest ».

Cette carte manuscrite aquarelée, très soignée, doit dater de la fin du XVIIe ou du tout début du XVIIIe siècle.  Ses caractéristiques (notamment les bois) font penser aux travaux des Pennier, bien que l’on ne puisse pas l’attribuer avec certitude à ces cartographes.  La chaussée Mons-Bruxelles (1704) ne semble pas encore construite, le chemin passant encore les ruisseaux à gué.  Les indications toponymiques sont riches et variées.

 

Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

Détail de la carte centré sur la région entre Halle, Enghien et Nivelles

Détail de la carte centré sur le village de Saintes

 

Le vieux chemin provenant de Halle et passant par Saintes n’aboutit pas à Enghien, mais plonge sur Steenkerque, comme c’est le cas sur plusieurs cartes gravées du chevalier de Beaurain, basées sur les levés des Pennier.

Le bois du Stéhou, appelé « P[eti]t bois de Triou » est représenté, tout comme ce qui doit être le bois de Cassembrouck (non dénommé sur la carte) où se trouve la « Just[ice] de S[ain]te Renelle ».  Le bois d’Achonfosse, à la limite de Saintes et Tubize, apparaît également.

Le moulin à vent de Saintes figure sur la carte.  Le village est appelé « S[ain]te Renelle ».  Le réseau hydrographique est ici incorrect.  L’indication « Mussen » (= Mussain) est présente, mais sans le dessin du château, centre de la seigneurie.  Ce dessin est repris, par contre, pour la « C[ens]e Derbeck » et pour ce qui doit être la Laubecq.  La « Font[ain]e S[ain]te Renelle » est indiquée.  Aux confins de Tubize, on aperçoit le « pont de Fry », qui doit être le Pont de Pierre qui permet au Chemin Vert (ancienne voie romaine) de passer le ruisseau du Laubecq-Froye.

Du côté de « Wisbeque » on aperçoit une énigmatique chapelle « S[ain]te Barbe », souvent représentée chez les Pennier, et que je ne connais pas.  Le lieu-dit « Bruyère » de Wisbecq est mentionné.  On notera aussi les deux indications « Ch[âte]au de Landa » qui doivent correspondre au château du Pont-à-Wisbecq et à la ferme-châteaui de Clabecq, centre de la seigneurie de la Houpellière, tous deux aux mains de la famille de Landas.

Vers Heikruis et Bogaarden on trouve l’indication de la « Chap[el]le de Wisbergue », et plus près du « B[ois] de Triou » celle de la « C[ens]e d’Harlebeck » qui demeurent bien mystérieuses.

Les cartes des frontières du Nord par les Naudin

Au tournant du XVIIIe siècle, les Naudin, une famille de cartographes militaires français, dressèrent une série de cartes topographiques des anciens Pays Bas.  Deux d’entre elles couvrent notre région.  Ces cartes topographiques ne sont pas encore très précises.  Toutefois, en les utilisant prudemment, on peut en tirer plus d’une information intéressante.

La première, probablement due à Naudin l’aîné, date vraisemblablement de la fin du XVIIe siècle ou du tout début du XVIIIe siècle.  La chaussée reliant Mons à Bruxelles (1704) n’y figurent pas encore.

 

Détail de la carte centré sur Saintes

 

Cette carte, bien que très peu détaillée, apporte pourtant quelques précisions intéressantes.  Elle représente encore une série de bosquets qui, par la suite, disparaîtront.  Le choix des chemins figurés est sans doute indicateur de leur relative importance.  De ce point de vue là, Saintes apparaît comme un véritable carrefour.  Même s’il y a quelques distortions, le réseau hydrographique est assez exact.

Le village de Saintes (Ste Renele) est traité simplement.  On remarquera le moulin à vent.  Bierghes (Bierghe) est situé assez près de Saintes, ce qui correspond à la réalité.  La ferme du Laubecq est également représentée (Laubeck ou Ste Renelle).  Il est intéressant de voir que cette ferme est déjà signalée comme celle de sainte Renelde à cette époque.  On trouve aussi la ferme de Froye (Frouy), celle du Spinois (Spinoit), celle d’Herbecq (Herrebeck).  Enfin, le cabaret de la Trompe, à Bierghes, est signalé.  Le moulin à eau de Wisbecq apparait sous la dénomination de « Min de Bierghe ».  Une chapelle, du côté de Wisbecq, est indiquée sous le nom de « S. Fertou[?] ».

Les bois sont généralement dénommés.  On remarque le « Bois de Stihou », le « Bois des Moines » et le « Bois d’Enghien » qui correspondent à l’actuel Bois du Strihou, le « Bois du Casteillon [?] », le « Bois du Pont », le « Bois de St Friol [?] », le « Bois de Landa », le « Bois du Spinois », le « Bois du Tiebeck », et deux petits bosquets non nommés à côté du village de Saintes.  Beaucoup de ces bosquets seront défrichés dans le courant du XVIIIe siècle et n’apparaissent plus sur la carte de Ferraris.

Au niveau des voies de communication, on constatera que la carte est très partielle et que seul l’angle où se trouve notre région a été traité.  Un tronçon de la chaussée Brunehaut (chaussée romaine) est représenté entre Enghien et Herfelingen.  Le vieux chemin de Halle vers Mons par Tubize apparaît.  Le vieux chemin de Halle à Enghien est représenté jusqu’à Petit-Enghien, mais pas au-delà.  Par contre, un tronçon vers Warelles est repris.  De Tubize, un double chemin se dirige vers Herbecq, en passant par Saintes et se poursuit au-delà vers Herfelingen.  Enfin, un chemin relie Quenast au moulin de Beert (Katte Molen) en passant par Saintes.  Il est en connection avec un chemin de Halle à la chaussée romaine (Herfelingen) par Pepingen.

La seconde doit vraisemblablement être attribuée à Naudin le Jeune.  Elle date vraisemblablement du premier tiers du XVIIIe siècle.  La chaussée reliant Mons à Bruxelles est représentée.  Les détails sont nettement mieux traités que sur la carte précédente.  L’extension de la couverture boisée est particulièrement intéressant à noter, juste avant les « grands » défrichements du XVIIIe siècle.  Le village de Saintes n’y est malheureusement traité que très furtivement sur le bord de carte.

 

Détail de la carte avec Tubize et Saintes.

 

Cette carte reste peu précise.  Le toponyme « Wihour » (lire Wiscour) correspond à la ferme de la Vieille Cour à Tubize.  Le chemin qui mène de cette dernière au village de Saintes doit être, du sud au nord, les actuelles rues du Try, de Tubize et un petit bout de la rue de Rebecq jusqu’au centre du village.  Cette route longe effectivement le ruisseau du Laubecq-Froyes.  Elle traverse un premier cour d’eau, qui prend sa source dans un bois qui doit être le bois d’Achonfosse, à la limte entre Tubize, Saintes et Lembeek.  Ce filet d’eau existe encore de nos jours, mais ne porte pas de nom.  Le chemin qui se trouve au nord de ce bois et qui mène à Saintes est le chemin venant de Lembeek.  Le second cours d’eau traversé par la route entre la Vieille Cour et Saintes est le Petit Laubecq, un affluent qui se jette dans le ruisseau principal tout près du Puits Sainte-Renelde.  Il prend sa source dans le bois de Cassembroeck (ou de Saintes) aujourd’hui disparu.  Le cours d’eau qui passe au nord du village ne peut être que le Mussain.  On distingue nettement deux châteaux entourés d’eau.  Le premier, celui qui est à la source du ruisseau, doit être le château de Mussain.  Le second, vu sa position par rapport à la route, est probablement le château de Ham.  Enfin, la route en question est le vieux chemin de Halle à Enghien.  Il passe au centre du village, ce qui ne correspond pas à la réalité, sauf à considérer le hameau de Saint-Roch comme faisant partie de l’agglomération villageoise.

La carte gravée du chevalier de Beaurain

Pour représenter la bataille de Steenkerque, le chevalier de Beaurain a fait graver deux cartes à partir de levés du milieu du XVIIIe siècle.  Cette carte présente donc une image de Saintes et de ses environs vers 1745, avant la construction de la chaussée de Halle à Enghien.

 

 

Carte du diocèse de Cambrai par Villaret, 1769

 

Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

 

 

La carte de Ferraris

La carte de Ferraris est certainement la plus connue des cartes anciennes.  Réalisée vers 1775 par le comte de Ferraris, elle couvre tous les Pays Bas autrichiens.  Voici un extrait de la feuille où figure Saintes.

 

 

© Luc DELPORTE – 17/08/2017.

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