Les bénéfices dans la paroisse de Saintes

Les bénéfices dans la paroisse de Saintes

Dans sa déclaration de 1787, le curé de Saintes, A. De Coster, fait mention des différents bénéfices attachés à la paroisse de Saintes.  Ce sont :

  • les bénéfices et charges de la cure
  • les bénéfices et charges de Notre-Dame de Wisbecq
  • les bénéfices et charges de Notre-Dame de Saintes
  • l’accidentel ou casuel de la cure de Saintes et Wisbecq
  • l’office de l’église succursale de Wisbecq [= vicaie à Wisbecq]
  • l’office de l’église paroissiale de Saintes [= vicaire à Saintes]
  • la chapelle castrale de Pont-à-Wisbecq
  • la chapelle castrale au château de Mussain
  • le cantuaire fondé dans l’église de Saintes

Le titre de curé

En 1787, le revenu total de la cure était de 104 florins.  Ses charges comprenaient les frais de célébration des messes le dimanche et les fêtes pro populo, 13 florins 7 pattars pour la taille du clergé, 8 florins pour l’abonnement annuel aux Etats, 24 florins pour frais de logement et de repas des terminaires, récollets de Halle et de Nivelles qui « prêchent et confessent dans l’église de Saintes chaque une fois par mois ».  Au total les charges s’élèvent donc à 45 florins 7 pattars.

Les bénéfices simples

 Les bénéfices simples, par opposition au bénéfice-cure ou bénéfice à charge d’âmes, sont les canonicats (à l’exception de ceux des églises cathédrales), les chapellenies et les coûtreries.

 Terminologie

Les textes anciens, généralement en latin, emploient les termes de capellania (chapellenie) et de capellanus (chapelain), dérivés de capella (chapelle).  L’usage canonique réserve le terme de capella à une construction à but cultuel doté d’un bénéfice ecclésiastique dont le possesseur porte le titre de rector capellae, et le terme capellania au bénéfice attaché à une capella ou à tout autel érigé dans une église ou un oratoire.  A une époque plus récente (fin du Moyen Age et Temps Modernes) le bénéfice simple est parfois aussi qualifié de cantuaria ou cantoria, c’est-à-dire de cantuaire ou de chantrerie.  Plus exactement, la dénomination de cantuaria était réservée à une fondation pieuse de messes à laquelle l’approbation canonique en bonne et due forme n’avait pas encore attribué le rang de chapellenie.  Certains documents évoquent aussi dans ce cas le terme de servicium perpetuum.

 Evolution

Selon J. Laenen, les fondations de chapellenies ne remontent pas au-delà du XIIe siècle et cet usage cessa à peu près complètement lors des troubles du XVIe siècle.  En règle générale, les chapellenies attachées à un autel particulier dans une église eurent comme fondateurs un particulier ou des membres d’une même famille, alors que la fondation d’un bénéfice dans une chapelle isolée est plus volontiers le fait d’un groupement d’habitants.

Il fallait l’approbation de l’autorité diocésaine pour que la fondation soit considérée comme bénéfice ecclésiastique.  L’administration des biens de la fondation était réservée au titulaire du bénéfice.

L’acte de fondation énumère généralement les intentions particulières des fondateurs, mais les chapellenies qui imposent au bénéficier un certain nombre de messes sont de loin les plus fréquentes.  Parfois, au cours du temps, les revenus des fondations primitives se révélèrent insuffisants pour couvrir les frais des conditions imposées par les fondateurs.  L’autorité procédait alors à des réductions de charges ou à l’union de diverses fondations.

Les stipulations faites par les fondateurs de chapellenies se contentent souvent d’imposer un certain nombre de messes par semaine, sans aucune spécification du jour.  La messe du Saint-Sacrement s’imposa le jeudi dans nombre de paroisse, notamment à Saintes.  Mais dans la plupart des cas, il ne s’agit que d’une simple messe fondée et non plus d’une chapellenie.  Le nombre de messes imposées au titulaire d’une chapellenie est très variable, généralement une messe par semaine, parfois une messe quotidienne, souvent trois messes, dont une, généralement le vendredi, en l’honneur de la passion du Sauveur.

Il était fréquent que les titulaires de bénéfices prêtent assistance au curé de la paroisse, soit en raison d’obligations inhérentes à leur chapellenie, soit en vertu de stipulation générales du droit et de prescriptions de synodes.  Mais les chapelains ne résidaient parfois pas dans la paroisse et se crurent souvent libérés de toute obligation pour autant qu’un remplaçant quelconque exonérait les messes prescrites.  Leurs préoccupations se bornaient souvent à recueillir les revenus de leur bénéfice.  Aussi, les évêques, se basant sur les suggestions du concile de Trente, disposèrent fréquemment des chapellenies pour les unir à des cures ou à des institutions religieuses.  Parfois, il en modifièrent les charges afin d’y trouver les ressources nécessaires à l’entretien d’un vicaire.

 Les chapellenies à Saintes

 La fin du XIIIe siècle et le XIVe siècle voient une augmentation importante des fondations pieuses.  Dans presque toutes les paroisses, apparaissent, en plus du bénéfice curial, des chapellenies.

Toute paroisse, mais également chaque chapellenie fondée en son sein, était astreinte au payement de taxes envers l’évêque.  Pour percevoir ce droit, chaque diocèse tenait régulièrement à jour des registres, appelés « pouillés », qui renferment la liste, par ordre de doyenné, de toutes les paroisses et chapellenies du diocèse, avec l’indication de la taxe à payer à l’évêque.

Au XIVe siècle, la paroisse [Sainte-Renelde] était taxée à 24 livres.  Les pouillés mentionnent alors trois chapellenies qui en dépendaient :

  •  celle de la Bienheureuse Vierge Marie taxée à 15 livres,
  • celle de Wisbecq à 12 livres,
  • et celle de Saint-Friard également à 12 livres.

La paroisse et les trois chapellenies avaient pour patron et donc collateur l’abbaye de Lobbes.

Il ne fait aucun doute que la première de ces chapellenie est le bénéfice qui sera attaché, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, à l’autel de la Sainte-Vierge, dans l’église paroissiale de Saintes.

La seconde chapellenie fait référence à la chapelle du hameau de Wisbecq.  Un manuscrit daté du 3e ¼ du XVIe siècle (probablement de 1569) précise d’ailleurs qu’il s’agit de la chapellenie Saint-Fiacre de Wisbecq.

La troisième est plus difficile à identifier.  Quelle est donc cette chapellenie Saint-Friard ?  Ce vocable n’a pas laissé de trace dans les sources ultérieures.  Faut-il y voir, comme pour Wisbecq, l’existence d’une autre chapelle sur le territoire de la paroisse de Saintes, chapelle qui aurait disparue par la suite ?  Si c’est le cas, où était-elle située ?  Au château de Mussain où, bien plus tard, il y aura effectivement une chapelle domestique ?  A la ferme de Herbecq, centre d’un important domaine foncier et seigneurial appartenant à l’abbaye de Ninove où des convers étaient vraisemblablement installés à une certaine époque ?  Ailleurs encore ?  Pour l’heure nous l’ignorons, mais cependant nous inclinons à penser qu’il s’agissait de la chapelle castrale de Pont-à-Wisbecq.

Il n’est en tous cas pas question d’un bénéfice spécial attaché à un autel Sainte-Renelde dans l’église paroissiale.

Le Bénéfice Notre-Dame de Wisbecq

La déclaration de 1787 nous apprend que le bénéfice Notre-Dame de Wisbecq, annexé à  la cure de Saintes, fondateur inconnu, avait pour patron l’abbaye de Lobbes.  Le curé le possédait à titre de portion congrue, par transaction faite entre l’abbé et les religieux de Lobbes et Mr Laurent, curé de Saintes et Wisbecq en date du 10 novembre 1705.  Son revenu total était de 182 florins 12 pattars, et ses charges comprenaient 10 florins 16 pattars pour frais de messes, des rentes Saint-Pierre dues à Lobbes consistant en 2 pintes de blé 1 quartier d’avoine et 16 deniers au bonnier, faiant en argent par année commune 4 florins, d’autres rentes seigneuriales à la seigneurie de Saintes consistant en 2 locbys d’avoine, 2 chapons et 10 sols 8 deniers, faisant année commune 3 florins, d’une autre rente seigneuriale de 7 sols 8 deniers, faisant 4 pattars, les vingtièmes et tailles ordinaires payées par les occupants.  Au total, les charges se montaient à 30 florins 2 pattars.

Le Bénéfice Notre-Dame de Saintes

Le bénéfice Notre-Dame de Saintes, annexé à la cure de Saintes et Wisbecq, se monte à un revenu de 141 florins 8 pattars.  Ses charges étaient de 46 florins 15 pattars.

Le bénéfice castral du Pont-à-Wisbecq

Il existait dans la paroisse de Saintes un bénéfice nommé le bénéfice castral ou chapelle castrale du Pont-à-Wisbecq.  Ce bénéfice était à la collation du baron d’Overschie, seigneur du Pont-à-Wisbecq.  En 1787, c’était maître A. Mathieu, vicaire à Wisbecq, qui en était pourvu.  Il en déchargeait les obligations à la chapelle castrale du seigneur dans le château du Pont-à-Wisbecq, où la messe se célèbre par permission de Monseigneur l’Archevêque de Cambrai et doit se renouveler chaque année.  Le collateur était le baron d’Overschie, chambellan de Sa Majesté Impériale et Royale, seigneur de Wisbecq, résident à Bruxelles.

Les revenus de ce bénéfice étaient assez conséquent.  la jouissance de 6 bonniers 1 journel de terre à la mesure de 100 verges, 18 pieds à la verge, situés à Bierghes, loués 111 florins

  • 6 bonniers 1 journel 34 verges, à Saintes, loués 108 florins 10 pattars
  • la moitié de la grosse dîme de Samme, dépendance de la paroisse d’Ittre, diocèse de Namur, contre les pauvres de Samme, à raison de 8 gerbes au cent, affermée pour 3 ans et évaluée à 136 florins 10 pattars
  • la jouissance d’un 12e dans la grosse et même dîme, dite dîme du curé au village d’Ittre, dans la menue dîme entière d’Ittre, dans la menue dîme de l’hôpital de Saint-Nicolas , dans la menue dîme de Fauquez, dans la menue dîme de Samme, ainsi que dans 3 journels de prairie à Oisquercq et dans 1 bonnier en 2 pièces à Ittre, tenus en commun entre l’abbaye de Cambron, l’hôpital Saint-Nicolas à Nivelles, le recteur du bénéfice Notre-Dame à Ittre, le recteur du bénéfice Saint-Etienne à Ittre, portant, année commune, frais déduits, 32 florins 11 pattars.  Au total, 391 florins 11 pattars de revenu et 214 florins 16 pattars , plus l’entretien des bâtiments de l’église et la maison pastorale.

Le bénéfice castral de Mussain

La déclaration de 1787 mentionne une chapelle au château de Mussain, sous Saintes, appartenant à Mr Vanderhaegen, demeurant à Gand, où la messe se dit par permission du Vicariat de Cambrai quand le seigneur s’y trouve.  Le curé déclarant n’y connaissait alors aucune fondation.

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ARTICLE ENCORE EN CHANTIER

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© Luc DELPORTE – 01/08/2017

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