La Place et le Cimetière de Saintes

 La Place du village

La place du village, jadis comme aujourd’hui, a toujours été un lieu central dans la vie de la communauté villageoise.  Elle est tout à la fois lieu de commémoration (cimetière, monument aux morts, arbre de la Liberté), lieu de rassemblement (après la messe ou lors d’événements), lieu du marché, lieu de justice (pilori, assemblées de la loi du village), lieu de fête (kermesse), etc.  Elle est tout d’abord occupée par l’église paroissiale, elle-même ceinturée jusqu’au XIXe siècle par le cimetière.  La place est ensuite bordée d’une route qui en fait le tour et d’où partent plusieurs chemins.  La place est enfin entourrée de maisons et constitue le centre de l’agglomération villageoise.

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Le cimetière autour de l’église

Comme partout ailleurs sous l’Ancien Régime, un cimetière ceinturait jadis l’église.  Sur le drapelet de pèlerinage utilisé au XVIIIe siècle pour la procession Sainte-Renelde, on distingue parfaitement l’enclos autour de l’église et son entrée située vers le Nord.

Entouré d’une muraille en pierre

Le cimetière était entouré d’un mur d’enceinte en pierres chaulées.  On y accédait par la « grande entrée du cimetière », qui était encadrée de piliers en pierre bleue et fermée par une grille en fer forgé fermant à clé. [ACS, 142, Fabrication, par G.J. Gondry, d’une clé pour fermer la grille du cimetière, en 1816.  Autre dépense à la « barrière du cimetière », ACS, 144 bis]  Cette entrée était également pavée, du moins en 1860. [ACS, 329.  Déjà en 1821, il est question de « quatre journées à deux francs de paveur au cimetière » (ACS, 174)]

La muraille demandait un entretien régulier.  Parfois, elle nécessitait des travaux de réparation de plus grande envergure.  Ce fut notamment le cas au début du XIXe siècle. [ACS, 124]  Jean Lange, maître maçon à Quenast y travailla plusieurs mois en 1805 avec son manœuvre. [Il toucha pour ces travaux la somme de 225 livres 10 sols 6 deniers à raison de 1 livres 18 sols par jour pour lui et de 1 livres 8 sols pour son manœuvre]  Ce mur d’enceinte, probablement en moellons locaux, était protégé des intempéries par des dalles de pierres de taille disposées sur son sommet.  Une partie de ces pierres de couvrement étaient manquantes et furent renouvellées en 1806.  Elles avaient été livrées par un marchand de pierre de Steenkerque et mises à mesures par Etienne Lejeune, tailleur de pierre demeurant à Ripain (Tubize).

La « grande entrée du cimetière » était marquée par deux piliers de pierre bleue travaillés.  L’un d’eux fut remplacé lors des travaux de 1805.  Il provenait des carrières d’Ecaussinnes.

Des dépenses pour le cimetière (travaux et pierres) sont encore mentionnées en 1813. [ACS, 136]

Quelques années plus tard, en 1822, le Conseil de fabrique se trouvait dans l’obligation d’agir. [ACS, 77, séance du Conseil de fabrique du 7 juillet 1822]  L’accumulation progressive des terres à l’intérieur de l’enceinte menaçait de faire s’écrouler une partie des murailles et empêchait le bon écoulement des eaux qui se trouvaient ainsi retenues à l’intérieur de l’enclos.  La proposition de quelques habitants du village d’extraire et d’emporter gratuitement les terres encombrantes fut acceptée.  On retira dès lors du cimetière une couche de terre d’une épaisseur de « quatre pied ».  Mais les dégâts devaient être considérables, car l’année suivante l’on procéda à de nombreuses dépenses pour sable, chaux, pierres, travaux de maçons (Jean Baptiste Plasschaert de Bogaarden, Pierre J. Poelart de Lembeek) et de tailleur de pierre (Pierre Nicolas Lejeune de Tubize) pour la réfection d’une partie de la muraille du cimetière. [ACS, 77, séance du Conseil de fabrique du 6 juillet 1823.]  Les paiements pour ces travaux se poursuivirent en 1824 et 1825 et s’achevèrent par le blanchissement des murailles de l’enclos de l’église. [ACS, 77, séances du Conseil de fabrique du 3 octobre 1824 et du 3 octobre 1825]

Entretenu régulièrement

Chaque année, le cimetière et ses chemins d’accès étaient nettoyés. [Les comptes permettent d’établir la liste de ceux qui étaient chargés de ce travail : Jean Ricour 1805, 1807, 1810, Marie J. Merckx, 1811, 1816-1821]  Une attention particulière lui était accordée à l’approche de la Trinité, date de la kermesse et de la grande procession en l’honneur de sainte Renelde. [ACS, 124, 142 bis]

Déplacé vers la rue de la cure

 En 1889, on construisit un nouveau cimetière.  Son mur a été bâti avec des briques fabriquées dans une terre située rue de la Station et appartenant à la Fabrique d’église, qui reçu une rémunération importante (les milles briques semblent valoir 50 cent.).  [= 2e ou 3e cimetière ?]
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Monuments funéraires

Il reste peu de chose de cet ancien cimetière.  Tout au plus trois monuments.

C’est le 5/08/1858, que fut concédé au baron de Mussain 3 m² de caveau, tenant à l’église et à la chapelle Sainte-Renelde.

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ARTICLE EN CHANTIER

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Dernière version : 17/07/2013 – © Luc DELPORTE

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