Les possessions de l’hôpital de Rebecq à Saintes

Les possessions de l’hôpital de Rebecq à Saintes

Achat du domaine à l’abbaye de Cambron

Le domaine foncier que l’abbaye de Cambron possédait à Saintes au XIIIe siècle fut, apparemment, aliéné d’un coup au profit de l’hôpital Sainte-Marie de Rebecq, fondé vers 1300 par Marie de Rethel, dame d’Enghien.

Marie de Rethel avait épousé Walter I, seigneur d’Enghien, mort avant 1290.  Elle était la mère de Walter II, seigneur d’Enghien après son père.  Le souvenir de cette grande dame est surtout célébré pour ses libéralités.  C’est elle qui fonda l’hôpital Saint-Nicolas d’Enghien, l’hôpital de Lembecq, et finalement celui de Rebecq.  Pour doter ce dernier établissement, la dame d’Enghien fit l’acquisition de différents biens, parmi lesquels on cite un manoir, avec jardin et 28 bonniers de terres et prés, situé à Rebecq et acheté à Alard de Ham ; 24 bonniers de terres et prés à Saintes, achetés en janvier 1297/1298 à l’abbaye de Cambron ; 36 bonniers de bois contigus à la forêt de la Houssière sur Ittre, acquis le 1er mars 1306/1307 ; 16 bonniers à Pedebek, sur Kester et Leerbeek, etc. [J. TARLIER et A. WAUTERS, Histoire des communes belges, Rebecq, p. 172]

Les archives de l’hôpital conservent les titres anciens de sa fondation et, notamment, l’acte original de l’achat des terres de l’abbaye de Cambron à Saintes.  Cette charte originale, en latin, est [était ?] conservée dans un état impecable.  Je n’ai pa eu l’occasion de travailler sur l’original, mais sur une photocopie communiquée par le regretté René Denys.  Elle nous apprend que la vente portait sur 26 bonniers, 1 journel, 11 verges, 14 pieds de terre et de prés situés dans la paroisse de Saintes, cédé à Marie de Rethel pour la somme de 50 livres tournois.  Ce domaine ce composait de :

  • 3 b 1/2 28 v « ante curtem que fuit Hugonis Daghelet »
  • 5 j 47 v « ad locum qui dicit soutrus »
  • 9 j 26 v « ad locum qui dicit amont iuxta terram Colardi »
  • 1 b 34 v « ad locum qui dicitur a mantiel »
  • 1 j 35 v  » subtus loeil »
  • 7 j 3 v « in loco qui dicitur en lauglechon »
  • 7 j 18 v 1/2 « ad locum qui dicitur a siec pret »
  • 3 b 1/2 46 v « ad locum qui dicitur al eraule »
  • 2 b 2 v « juxta domum que fuit Hugonis Daghelet, cum manso Daghelet »
  • 1/2 b 30 v « apud preet »
  • 7 j 22 v 1/2 « versus Mussain ad locum qui dicitur a hunbert »
  • 1 b 24 v 1/2 « ibi duo curtilia continentia in se »
  • 1/2 b 49 v « ibi in parte altera terre et prati jacent »
  • 1/2 b 48 v « prati apud Mussain »
  • 4 b 3 j 17 v 3/4 « ad locum qui dicitur astrihout »

La localisation précise de ces terres n’est pas aisée.  La « curtem », « domo », « manso » qui appartenait à Hugues Daghelet pourrait être la ferme de Froye, centre du domaine foncier des premiers seigneurs de Saintes.  Le lieu-dit Sotrus n’est pas localisé, mais une rente seigneuriale due au seigneur de Saintes portait ce nom.  Le lieu-dit « Amont » à côté de la terre de Colard est sans doute le Mont-à-Saintes.  Le lieu-dit Manteau est bien connu.  Il est situé juste au sud de la ferme de Froye.  Le Sec Pré, l’ « eraule » (Haulée ?), « preet », et « loeil » ne sont pas localisés.  Le lieu-dit « lauglechon » est sans doute une version très corrompue le le champ de la Longue Saule, en face du champ du Manteau.  Dans la partie nord du village, on trouve des biens situés au lieu-dit Humbier et du côté de Mussain.  La ferme du Humbier et la seigneurie de Mussain sont bien connues.  Il en est de même pour le lieu-dit Strihout (Stehout ?).

Le domaine en 1511

Il est difficile de savoir ce que devinrent les terres achetées en 1298.  Une partie de ces dernières ou d’autres terres encore, appartenait toujours à l’hôptial de Rebecq au début du XVIe siècle.  Ces terres ont alors  été arrentée le 16 décembre 1511 à Jehan Wasteau, moyennant une rente perpétuelle de 5 muids de blé et 8 livres tournois par an, à livrer sur le grenier du cloître à Rebecq.  Il s’agissait de pièces d’héritages « à le rente Saint Pierre », c’est-à-dire qu’elles ressortissaient à la seigneurie foncière de l’abbaye de Lobbes.  Il s’agissait de :

  • 1 b « condist le cron bonnier gisant en le coulture deriere Piere Dardenne »
  • 1 b, même couture
  • 3 j « en le coulture de le Haullet »
  • 1 j 1/2, même couture
  • 1/2 b, même couture
  • 9 j « en le coulture de Sotrus », tenant au Brabant
  • 3 j « en le coulture des Boiston », tenant à la rue allant « de le Haullet à Froye et à Sainte Renelle »
  • 1/2 b, même couture
  • 1/2 b, même couture, tenant au « pire Sainte Renelle »
  • un pré tenant « au Joncquoy »
  • un pré tenant « au wareskai dudit Joncquoy
  • 5 j, venant de Jehan Malco, « gisant en le coulture devant le maison dudit Jehan Malco »
  • 1 j de pré, venant de Jehan Malco, tenant à la pièce précédente

 

ARTICLE EN CHANTIER

 

 

 © Luc DELPORTE – 06/08/2017.

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