Les orgues de l’église Sainte-Renelde

En 1850, l’église de Saintes ne possédait pas d’orgues. Mais il n’en avait pas toujours été ainsi, car un fragment de comptes de l’église pour 1433 signale qu’il a été : Payet à ung compaignon pour avoir juwet sour les dites orghennes le nuit et le jour de le Pasque en ce compte VIII sols. Au dit organiste pour avoir juwet sour les dites orghennes le nuit et le jour de le assention en ce compte a esté payet VIII sols. On ignore ce que cet orgue est devenu. G.P. Speeckaert se demande s’il ne disparu pas lors de la reconstruction de l’église au milieu du XVIe siècle.   Les orgues de l’église de Saintes, Hippolyte Loret, 1851 – photo Maurice Broeckaert © KIK-IRPA, Bruxelles (Belgique), cliché M68139, 1971   Les orgues du XIXe siècle : une histoire mouvementée Déjà au début du XIXe siècle, le curé Jacquet tenta de trouver des orgues pour l’église. C’est ce que nous apprennent des dépenses de 1817 pour voyage à Grammont pour prendre des renseignements auprès d’un facteur d’orgues et à Mons pour l’achat éventuel d’un orgue. Ce projet ne put aboutir. L’histoire des orgues actuels a été mouvementée. Il fallut près de 20 ans pour que son projet puisse aboutir.  Par testament passé devant le notaire Zeghers, à Oetingen, en date du 15 et 24 mars 1834, Félicitée Toubeau, de Saintes, religieuse au couvent des Ursulines à Heikruis, légua : 1° aux pauvres de Saintes 2500 florins à appliquer à 4% et dont l’intérêt devait servir à payer un obit de 12 francs, 6 messes à 3 francs, et le reste...

Importants travaux à l’église en 1778

En prévision de son livre, resté inédit, sur l’histoire de Saintes, G.P. Speeckaert avait collationné une série d’indications sur d’importants travaux à l’église de Saintes en 1778.  [AGR, AEB, 3888] 7 juin 1778 : payé par Gilles Yernault, mambour, sur les revenus de l’église de Saintes, aux mayeur, échevins, valet de loy la somme de … pour les séances et convocations … 31 livres 10 sols juin 1778 : payé pour des livraisons de chaux et voiturage … 104 florins 17 pat. juin 1778 : le maçon Nicolas Brancart déclare avoir reçu des gens de loy de Saintes la somme de … 2 florins 9 pat. pour contribution au travail fait à l’église. 22 juillet 1778 : payé pour divers frais occasionnés par des travaux à l’église … 8 florins 11 pat. 2 liards 22 juillet 1778 : payé à Jean Antoine Carlier la somme de … 7 florins 2 pat. pour des arrangements faits à la tour de l’église.  « Le 3 juillet 1778 une boulle pour une tourel paisent vingt six livre de sandur a sept patar la livre et un jour et demy à deux. Moins 2 fl. 5 pat. pour avoir receux dix huit livres du vieux plomb a dix liard la livre. 22 juillet 1778 : payé à divers personnes pour divers travaux effectués à l’église la somme de … 21 florins 9 pat. 2 liards. 22 juillet 1778 : payé à Nicolas Joseph Coupez la somme de … 4 fl. 11 pat. pour diverses livraisons de chaux 22 juillet 1778 : payé à A-M Ravets la somme de … 30 fl. pour avoir redoré...

La Commission des Monuments et Sites et la restauration de l’église

Restauration au milieu du XIXe siècle Procès-verbal (BCRAA, t. 1, 1862, p. 486) L’état de dégradation de la belle et grande tour de l’église de Saintes (Brabant), ainsi que le désir d’éviter des dépenses considérables, avait, il y a quelques années, engagé l’administration communale à proposer la démolition de cet édifice. Grâce à l’active intervention du Gouvernement, les travaux les plus pressants y ont été effectués et l’édifice à pu être conservé.  La dépense s’étant élevée à environ 49,800 francs et les réparations ayant été faites avec intelligence, le Collège ne peut qu’appuyer la demande d’un subside destiné à la liquidation des comptes arriérés.  En ce qui concerne les travaux à faire encore et auxquels la commune et la fabrique comptent consacrer 4,000 francs, la Commission réclame des propositions conformes à l’article 49 du règlement du 30 juin 1862. Procès-verban (BCRAA, t. 1, 1862, p. 508. Le dessin de la façade latérale de l’église de Saintes (Brabant), à laquelle des travaux de restauration doivent être exécutés, est approuvé.   La restauration de l’église de 1906 fit l’objet d’un examen approfondi de la CMS et de rapports qu’il est intéressant de faire figurer ici. Procès-verbal, mai-juin 1905 (BCRAA, t. 44, pp. 78-80) Le projet soumis en vue de la restauration de la tour de l’église de Saintes a fait l’objet d’un examen sur place le 27 avril 1905. Les prévisions de ce projet sont trop étendues.  On ne peut admettre le remplacement proposé de la flèche actuelle; celle-ci est en rapport avec le caractère robuste de la tour et porte bien mieux que la flèche projetée le cachet de l’époque...

La statuaire dans l’église Sainte-Renelde

Statue de sainte Renelde pèlerine Située en hauteur, au-dessus de la grille d’entrée de la chapelle Sainte-Renelde, elle est la plus ancienne des statues de l’église.  Cette statue bruxelloise, marquée du maillet, aurait été réalisée vers 1490-1495 dans les ateliers de Jean Borman.  Sainte Renelde, yeux mi-clos, bouche fermée, médite.  Elle tient de la main gauche un livre largement ouvert et est munie, dans la main droite, d’un bâton de pèlerin avec gourde.  Un voile ombre son visage, un autre sa gorge.  Elle est coiffée d’un large chapeau, chargé d’une coquille rappelant son état de pèlerine.  Enfin, elle porte une longue cape et une panetière. La sainte Renelde, marquée du maillet, se classera parmi les statues les plus remarquables de la région; elle doit être de l’entourage de Jan Borman comme l’est la sainte Gertrude de l’église de ce nom à Etterbeek.  [J. DE BORCHGRAVE D’ALTENA, Notes pour servir à l’inventaire des oeuvres d’art du Brabant, arrondissement de Bruxelles, Bruxelles, 1947, p. xxii. Joseph Destrée signale qu’elle était autrefois polychromée.  Elle fut vraisemblablement restaurée – décapée ? – au XIXe siècle.  En effet, le 12 juillet 1860, une somme de 25 fr. était payée à Mr Malfait « pour restaurer une ancienne statue de Ste Renelde ». Dans son étude sur les sculptures bruxelloises au « maillet », J. de Borchgrave d’Altena signale que les sculptures sorties des ateliers bruxellois étaient autrefois très nombreuses.  Beaucoup ont aujourd’hui disparu.  Ces statues se situent entre 1470 et 1530 environ et elle sont nombreuses entre 1490 et 1515.  Plusieurs d’entre elles ont des caractères bormanesques.  A quelques exceptions près, ce sont des travaux bien faits. Le...

La Chaire de Vérité dans l’église Sainte-Renelde

La chaire de vérité du XVIIIe siècle se distingue par une belle rampe ornée de rocailles mouvantes. Des médaillons représentent sainte Renelde, saint Gondulphe et saint Grimoald. Sur le dais, on remarque Dieu le père et deux anges; au fond, le Christ et également deux anges. Enfin, sous la cuve, un groupe sculpté représente Jésus assis au pied de l’arbre avec la Samaritaine près du puits. Pour J. de Borgrabe et J.-C. Ghislain (Trésors d’Art du Doyenné de Tubize) le groupe de la Samaritaine et la balustrade sont déjà néo-classiques, alors que le mouvement baroque anime toujours ici le style Louis XV. La scène de la Samaritaine est parfois interprétée erronément comme étant sainte Renelde près de son puits miraculeux. C’est évidemment une erreur, mais on ne peut s’empêcher d’y voir une allusion à peine déguisée au puits Sainte-Renelde. L’IRPA date cette chaire de vérité en chêne sculpté de style Louis XV de 1741-1760. Tout comme pour les stalles et le banc de communion, de même style, nous la croyons contemporaine du réaménagement du choeur de 1762-1763.   La chaire de vérité de l’église de Saintes – Photo © KIK-IRPA, Bruxelles (Belgique), cliché A72070, 1944   © Luc DELPORTE –...

Les peintures dans l’église Sainte-Renelde

Le triptyque de la Passion de Livinius de Vogelaare Trois panneaux autrefois dispersés d’un important triptyque de la Passion, attribué à Livinius de Vogelaare, ont été réunis dans le croisillon nord, face à l’autel de la Vierge. Ces trois panneaux formaient primitivement un grand triptyque placé au-dessus de l’ancien autel majeur avant la transformation du choeur au XVIIIe siècle. Le panneau central a longtemps été accroché dans le fond de la nef latérale nord, au-dessus du char de procession. Il représente la « Dépositon » ou « Descente de la croix ». Les panneaux latéraux étaient disposé de part et d’autre du choeur. Ils représentent, pour l’un, le « Portement de la Croix », avec sainte Véronique essuyant le visage de Jésus et, pour l’autre, la « Résurection ». Les deux panneaux latéraux sont peints sur les deux faces. A l’arrière, on peut aujourd’hui admirer un saint Pierre et un saint Jean-Baptiste. Le panneau central est signé et daté : 1600. J. de Borchgrav e d’Altena et J.-C. Ghislain le dataient du XVIe siècle ! Ils qualifiaient le dessin de cette oeuvre italianisante aux coloris ternis d’intéressant. Au moment où les trois panneaux ont été réunis, ils ont fait l’objet d’un nettoyage et d’une fixation de la couche picturale, sous les auspices de l’IRPA. L’oeuvre a ainsi retrouvé des couleurs qu’elle avait perdues depuis longtemps.   La descente de la Croix, Livinius de Vogelaare, 1600 – photo Maurice Broeckaert © KIK-IRPA, Bruxelles (Belgique), cliché M68132, 1971 Description : Deux scènes successives sont représentées : la Descente de la Croix et la Mise au Tombeau. La Descente de la Croix...